LES -BLANCS SONT DES REVENANTS
sur viendraient sûrement. Tout le monde était sur le quivive, troublé et inquiet, môme à San Salvador1. »
En beaucoup d'endroits, dans la même région, les Mancs ont passé d'abord pour des «noirs ressuscites. « Dans Ja première partie de mon séjour à Lukolela, j'avais, souvent entendu prononcer le mot barimu quand il était question de moi. Je découvris phis tard qu'il voulait dire « revenant» :on!pensaitquej 'avais été d'abord un Africain, que j'étais mort, et que j étais de retour sur terre =avec une peau blanche 2. » — « Sur notre invitation le chef s!assit auprès de nous, et même échangea une poignée de mains avec nous, examinant avec icuriosité la main qu'il .venait de prendre. « Vous n'êtes pas des hommes, vous êtes des « esprits », dit-il. Nous répliquâmes que nous étions de vrais'hommes, doués sde chaleur naturelle, que nousavions l'habitude de mangeret de dormir comme les autres mortels, — en lait, nous venions d'accepter nne chèvre, pour notre dîner, de notre ami qui était là auprès de lui : est-ce que les esprits mangeaientet dormaient? — Mais il répéta : a Vous n'êtes pas des hommes, vous êtes des esprits. » Je lui. montrai ma femme et mon bébé sur le steamer. Est-ce que les esprits a.vaient des femmes ret des bébés ? — Cette. idée les lit rire, puis, se disant peut-être « Pourquoi pas?», le chef continua : « Non, vous êtes des esprits ; vous n'êtes « pas bons. Pourquoi nous apportez- vous toujours des « maux ? Nos gens meurent, nos plantations ne produisent « pas comme elles devraient, nos chèvres et nos volailles « périssent, les maladies et les malheurs arrivent : c'est « vous qui ien -êtes cause. Pourquoi faites-vous oela ? « Pourquoi, ne nous laissez-vous pas tranquilles?3 »
devenants ou esprits, les blancs appartiennent au monde