‹ La mentalité primitiveChapitre 246 sur 333 · LES BLANCS SONT DES SORCIERS · texte numérisé non relu

LES BLANCS SONT DES SORCIERS

foule armée s'assembla, dans l'intention de le tuer. Le canot que les Samoans lui avaient donné, sa malle et ses objets personnels, on voulut les renvoyer au bateau tout de suite après le débarquement, sous prétexte que ce bois étranger apporterait la maladie. Il discuta avec eux, les pria d'examiner le bois : c'était juste le même que celui de Savage Island. Quant à lui-môme, il leur disait : « Vous savez que je suis du pays ; je ne suis pas un dieu « (c'est-à-dire un mort ou un revenant), je suis juste tout « pareil à vous, et je n'ai aucun empire sur la maladie... » La nuit arriva, et il ne sut où reposer sa tête. Les gens, craignant une souillure, avaient peur de le laisser dormir dans leur maison1. » — « Pendant des années encore, après qu'ils eurent commencée se risquer sur les navires européens, ils ne se servaient pas tout de suite des objets qu'ils en avaient rapportés : ils les suspendaient d'abord dans la brousse pendant plusieurs semaines, en quarantaine2. » — La dysenterie, qui exerça ses ravages, en 1842, dans d'autres parties del'Archipel (des Nouvelles-Hébrides) fut terrible à Eromanga. Les indigènes l'attribuèrent à quelques hachettes qu'avait laissées à terre un bateau venu pour prendre du bois de santal, et ils les jetèrent à la mer. On estime que le tiers de la population mourut à cette époque3.

Ainsi, non seulement les blancs eux-mêmes, mais tout ce. qui vient d'eux, ou avec eux, tout ce qui a été à leur contact peut apporter l'infection et la mort. Non pas pour les raisons positives de contagion qui nous sont familières, — de ces raisons, les primitifs n'ont pas le moindre soupçon, — mais parce que les blancs, volontairement ou non, exercent une influence néfaste, qu'ils tiennent de leur

1. A. W. Murcay. Missions in Western Polynesia, p. 360-3. -2. lbd., p. 388.

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