‹ La mentalité primitiveChapitre 250 sur 333 · I.F.S ARMES A FEU · texte numérisé non relu

I.F.S ARMES A FEU

le plus les Indiens, c'est qu'ils ne pouvaient comprendre comment, humainement, « le même canon pouvait tirer « deux coups à la fois », entendant par là la détonation, au départ du coup, et l'éclatement de l'obus à terre quelques instants après1. » [1 y a dans cette double action — la détonation au départ, qui tue, et l'éclatement, qui tue également — une opération magique qui émerveille les Indiens.

Enfin, il arrive souvent que les premiers qui font usage du fusil ne pensent pas à viser, ce qui s'accorde très bien avec l'idée qu'ils ont des armes à feu. « Bien instruit et exercé, le policeman papou peut devenir bon tireur, d'autant qu'il a naturellement la vue très perçante... Mais il est fort difficile de lui apprendre à viser. Une impulsion naturelle le porte à diriger son fusil vers la cible, et à faire feu sans avoir la moindre idée de viser...2» — « Le Papou, en général, est très ardent à faire feu; mais, bien qu'il y ait parmi eux de bons tireurs, •la plupart semblent être tout aussi satisfaits par le bruit de la décharge que s'ils avaient touché lebut3. » — « Un vrai miracle (dans un combat entre Battaks, à Sumatra), qu'il n'y ait eu ni morts ni blessés ! Un vrai bonheur, aussi, que les Battaks ne sachent pas viser ! Pour toucher juste., ils s'en remettent entièrement à Debatta (à une puissance supérieure). Si quelqu'un est atteint, c'est donc, de l'avis de tous, elle qui a dirigé le coup*. » 'En quoi ils se représentent l'efficacité des armes d'origine européenne précisément comme celle des leurs propres. Au Ruanda Afrique Orientale), « les indigènes n'hésitent pas à dire

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