‹ La mentalité primitiveChapitre 253 sur 333 · E. i. Glave. Six years of adventure in Congoland. p · texte numérisé non relu

E. i. Glave. Six years of adventure in Congoland. p

3L R. Moffat tu Missions évangéliques, XVI. p. 207-8. Cf. D. Crantz. History of Gieenland, I, 230. « Au commencement de leurs relations avec les Européens, les indigènes avaient si peur du papier qui parle, qu'ils n'osaient pas porter une lettre, ou toucher un livre, croyant qu'il fallait que ce fût par magie qu'un homme pût dire les pensées d'un autre, au

jeunes gens annonçaient l'Evangile dans un village; l'un d'eux, tenant le Nouveau Testament à la main, disait qu'il ne faisait que répéter ce que dit le Livre de Dieu, quand Sechachi saisit le livre, le porta à son oreille, et s'écria : «C'est un mensonge; j'écoute bien, mais le livre ne dit « rien, », et alors de pousser des éclats de rire et des moqueries1. »

La lecture étant une opération magique simple, qui consiste à voir ou à entendre, doit pouvoir, non pas s'apprendre, mais s'acquérir, et non pas par une succession d'efforts pénibles, mais tout d'un coup. « Ils (les Bechuanas) pensèrent que ce serait vraiment une belle chose, que de pouvoir lire des livres avec moi, et, supposant qu'il existait une « voie royale » pour apprendre, ils imaginèrent en toute simplicité que cet art pouvait s'acquérir tout d'un coup, par un effort unique d'activité de l'esprit, ou par un charme secret que, selon eux, je pouvais posséder. J'avais administré des médicaments à quelques malades, et l'un d'eux, dont l'état était grave, s'était très bien trouvé d'une large saignée au bras. Comme les docteurs, chez les Bechuanas, joignent ordinairement à la pratique des remèdes celle des charmes, les indigènes pensèrent tout naturellement que je pouvais posséder un charme qui ferait entrer dans leur tête le pouvoir de lire2. » — De même chez les Achantis. « Opoku nous dit, entre autres choses : « Donnez moi donc aussi de votre médecine, pour que je m'en frotte les yeux, afin que je puisse lire ce qui est imprimé. » Nous lui répondîmes qu'il était trop vieux, mais que nous l'en-

moyen de quelques griffonnages noirs sur du papier blanc. Ils croyaient sérieusement aussi que, lorsque le ministre leur lisait les commandements de Dieu, il fallait qu'il eût d'abord entendu une voix venant du livre. »

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