‹ La mentalité primitiveChapitre 254 sur 333 · Missions évangéliques, XXXVI (1856), p. 96 (Maitin · texte numérisé non relu

Missions évangéliques, XXXVI (1856), p. 96 (Maitin

2. R. Moffat. Missionary labours and scènes in South Africa, p. 599.

seignerions à ses enfants. Là-dessus il se mit à rire, et s'en alla l. » ,

Pourtant, faute de médecine qui leur procure instantanément la faculté de lire, des noirs se décident à apprendre par la méthode ordinaire, sans y croire beaucoup. « Ces bonnes gens s'étaient d'abord mis à l'œuvre avec une extrême répugnance, protestant qu'il était ridicule d'espérer qu'un noir fût jamais assez habile pour faire parler le papier. Mais nos instances avaient prévalu, on s'était décidé à essayer ; de petits progrès se manifestaient en dépit de toutes les prévisions, et à chaque réunion nouvelle les chances de réussite paraissaient aller en croissant. Enfin, le grand problème se trouva résolu : dix à douze de nos élèves découvrirent un beau matin qu'ils pouvaient sans secours trouver le sens de plusieurs phrases sur lesquelles ils ne s'étaient pas encore essayés. Ce fait eut un retentissement immense. Les devins du pays déclarèrent que nous avions dû transformer le cœur de leurs compatriotes au moyen d'un philtre tout puissant2. »

Ce dernier trait est significatif. Pour les « devins » bassoutos, les indigènes qui ont appris à lire se sont convertis, c'est-à-dire ont abandonné ce qu'on peut appeler le culte des ancêtres. Or jamais les puissants sorciers que sont les missionnaires n'auraient obtenu cette conversion, s'ils n'avaient employé des moyens magiques. « L'idée que des moyens extérieurs et matérielspeuvent agir sur l'âme, et en changer les dispositions, est tellement enracinée chez eux, que les premières conversions au christianisme dont ils furent témoins ont été toutes attribuées à l'opération de quelque spécifique mystérieux que les missionnaires auraient fait prendre à leurs habitués, à l'insu de ceux-ci3 ».

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