‹ La mentalité primitiveChapitre 267 sur 333 · H. Nowton. In far New-Guinea, p. 12!i · texte numérisé non relu

H. Nowton. In far New-Guinea, p. 12!i

INVIOLABILITÉ DE L.V COCTDME 4»3

mont. La fête revient, et de grand matin on commence à tuer les porcs. Vers la fin, quelques vieillards se sentirent inquiets de cette redoutable violation de coutume ; une délégation vint dire aux missionnaires qu'il fallait absolument qu'au moins un porc fût tué à l'ancienne mode des indigènes, afin que les manguiers pussent entendre les cris de la bête: autrement, ils ne porteraient pas de fruits *.

En Nouvelle-Guinée allemande, « les noirs laissent la magnifique écaille de la tortue brûler avec le reste. C'est la coutume : ils ne s'en écartent pas. Nous leur avons souvent fait observer que cette écaille a une grande valeur, qu'ils pourraient avec elle se procurer beaucoup d'argent, etc. Jusqu'à présent, nous avons prêché dans le désert. Pour nous consoler, ils nous promettaient toujours de changer de méthode « la prochaine fois », et la fois suivante, ils faisaient juste comme auparavant. Ils n'ont pas le courage d'abandonner les vieilles coutumes... c'est l'énergie qui leur manque -. »

En Nouvelle-Poméranie, « quand un bateau est en marche, le balancier est à gauche. Si les vagues viennent de ce côté, il sert efficacement à les briser. Comme ces bateaux sont semblables à l'arrière et à l'avant, on penserait que, lorsque les vagues viennent de droite, les indigènes naviguent de façon que le balancier soit aussi à droite. Pas du tout. Le Canaque a une telle horreur pour toute innovation, qu'il s'obstine à marcher avec le balancier à gauche, même lorsque les vagues viennent de droite, et remplissent d'eau son embarcation. Quand je discutais avec eux sur ce point, les indigènes m'accordaient tou-

i. Ibd., p. loi.

2. P. Fritz Vortuan, S. 1. D. Dus tdgliche Leben der Papua (unter besonderer Berûcksichtiguny des Valman Stammes auf Deutsch Neu Guinea). Anthropos, XII-XIII, (1907), p. 901.

jours qu'un changement de leur coutume n'aurait que des avantages, et je me suis toujours demandé si c'était par obstination qu'ils y restaient attachés, ou si c'était faute .de pouvoir se décider que, comprenant le mieux, ils étaient incapables de l'adopter '. »

i Bref, comme le disent les missionnaires de Nias, u les indigènes ne connaissent et ne veulent rien d'autre que ce qu'ils ontdéjà, et ils en sont entièrement satisfaits. Us ne désirent rien de mieux2. » Tel est le fait : on en aperçoit sans peine les raisons, à peu près identiques partout. En abandonnant ou on modifiant les manières de faine traditionnelles, en adoptant <• de nouveaux procédés, on -s'exposerait, pour un avantage, même certain, mais en tout, cas non indispensable, ,à d'incalculables dangers, et en particulier à la colère des ancêtres, ces membres si puissants du groupe social. Cette crainte est ouvertement exprimée par les indigènes de l'île Kiwai (Nouvelle-Guinée). « Mes amis venaient de me décrire certaines cérémonies qu'ils accomplissent afin de faire prospérer les moissons, et ils étaient vraiment pleins d'inquiétude : était-il sage d'adopter la nouvelle religion? Ils se rendaient fort bien compte qu'elle exigeait d'eux qu'ils abandonnassent, ces rites. Mais alors, s'ils ne faisaient plus ce que leurs pères avaient fait, comment les ignames et lesago pourraient-ils pousser? C'est très joli pour Tatnate (le blanc, le missionnaire) : tout ce qu'il imange, il le trouve dans les. boîtes ju'on lui envoie de Tnursday Islarid. Mais nous : % »

En Afrique australe, un Européen Veut essayer de rendre sédentaires des Btishmen. « Il s'efforça de leur persuader d'acheter des chèvres avec des plumes d'autruche ou avec ■les peaux des animaux qu'ils tueraient à la chasse. Cette

i. Pfeil (Graf J.) Studien und Beobachtungen^us der Stidsee, p. 92.

2. Berickte der rheinischen Missionsgesellschaft, 1895, p. 217.

3. A. G. îïn.ridon. Bend huniers, black, white and brown, p. 98.

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