‹ La mentalité primitiveChapitre 27 sur 333 · J. J. Monteiro. Angola and Ihe river Congo, II, p · texte numérisé non relu

J. J. Monteiro. Angola and Ihe river Congo, II, p

jamais ouï dire qu'il soit arrivé de malheur sur ce sujet1 ».

M. von Hagen, en deux ans de séjour au Cameroun, n'a connu que trois cas où des hommes aient été attaqués par des crocodiles, bien que les indigènes se baignent et nagent dans le fleuve, et, pendant la saison sèche, pataugent dans les lagunes2. Mêmes croyances sur la côte occidentale d'Afrique. « On dit que sur la rivière Gallenhas (entre Sherbro et Cape Mount) où les alligators abondent, on ne se souvient pas qu'ils aient jamais fait de mal à personne, bien que les indigènes soient très souvent dans l'eau, jusqu'à il y a quelques années, quand un vaisseau négrier sauta à l'entrée de la rivière3... »

Bentley pensait qu'en prenant les précautions nécessaires, on ne court pas grand danger. Les crocodiles sont très peureux et ne s'exposent pas volontiers. Le bruit que font une douzaine de jeunes garçons en criant, en plongeant, en s'amusant suffit amplement à tenir les crocodiles à distance. Mais si l'un d'eux s'aventure tout seul dans l'eau, un malheur est possible4. Que ce malheur arrive, comment l'indigène l'interprètera-t-il ? Accusera-t-ilsa propre imprudence, ou changera-t-il d'opinion sur les mœurs du crocodile? Pensera-t-il que c'est un accident? Il le ferait sans doute, s'il raisonnait comme nous. En fait, il n'y songe même pas. Il a son explication toute prête, et elle est d'un caractère très différent. « Dans les districts, dit Bentley, où les crocodiles abondent, on croit que les sorciers se métamorphosent parfois en crocodiles, ou bien entrent dans ces animaux pour les conduire, et ainsi causent la

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