‹ La mentalité primitiveChapitre 273 sur 333 · lbd.. XXIII (1848), p. 85 (Schrumpf · texte numérisé non relu

lbd.. XXIII (1848), p. 85 (Schrumpf

CONFORMISME ORUGATOïRE

donc oserait agir autrement que lui? » — « La nation n'a qu'une âme, qu'une volonté. C'est l'annihilation des individus, la centralisation poussée à sa dernière limite, ou, autrement dit. la mort de tous au profit d'un seul1. » — Si le chef ne se rend pas à l'église, elle restera vide. « Oeque nous avons remarqué à Seshaké, c'est que. le village fût-il bondé de gens, en l'absence des chefs personne n'assistera à nos services -. » Plus d'une fois, d'ailleurs, le missionnaire reconnaît, avec compassion, que la conversion individuelle est pour ainsi dire impossible à l'indigène : c'est trop lui demander. « Recevoir l'Évangile, pour le pauvre Mossouto, c'est refuser de participer à des cérémonies regardées comme nécessaires à la prospérité publique et commandées par le chef; c'est refuser de prendre la sagaie contre les peuplades voisines ; en un mot, c'est renoncer au titre de Mossouto, et s'exposer, par là, à se voir enlever les quelques vaches que l'on possède, et qui sont le seul moyen de subsistance d'un père et de ses enfants3. » Encore n'est-ce laque les conséquences matérielles de la rupture d'un lien social dont nous n'imaginons que bien mal le caractère. Selon les expressions du R. P. Trilles, « dans toute la conception bantoue du système mondial, l'individu n'est rien, la collectivité organisée, au contraire, demeure l'être proprement dit, ayant seul sa véritable existence. L'un est l'être, l'autre l'accident ; le premier demeure, le second passe \ »

Des faits semblables se rencontrent constamment, ailleurs encore que chez les Bantous.«Pour ne citer qu'un exemple, à Nias, les missionnaires allemands ont constaté et décrit à maintes reprises l'impossibilité d'obtenir des

i. Ibd., LX1I (1887), p. 217 (Jeanmairet).

Page 1