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impossibilité, à se représenter que ce qui est utile et bon pour les blancs, peut être, au môme titre, utile et bon pour les indigènes, qu'ils peuvent être guéris par les mêmes remèdes, employer les mêmes méthodes, avoir la même culture et la même religion, trouver le même destin dans l'autre vie. « Tu as raison, répondent les Papous au missionnaire. Mais — ajoutent ils — c'est là notre coutume depuis toujours. A nous, le rotoi (l'esprit, la divinité) a donné Y Ai; à vous, la parole de Jéhovah et de Jé^us. Nous sommes des noirs et vous des blancs. » Voilà les réponses qui reviennent constamment1. — En Nouvelle- Guinée anglaise, « j'ai entendu parler d'un cas, où là fille d'un instructeur indigène de la mission mourut. Son père accusa le sorcier de l'endroit d'avoir causé sa mort. On lui fit des remontrances pour sa croyance au pouri-pouri (sorcellerie). 11 répliqua : Vous êtes un blanc et vous ne comprenez pas la « médecine » de la Nouvelle-Guinée. Moi, je suis un homme de la Nouvelle-Guinée, et je la comprends i. » Il avait beau être converti, en apparence, à la religion des blancs : sa solidarité avec son groupe social demeurait la plus forte. — Dans File de Nias, « l'indigène est attaché à ses coutumes immémoriales avec une opiniâtreté extraordinaire, et il ne veut d'aucun progrès, même extérieur, bien que les choses nouvelles qu'il voit et qu'il entend lui paraissent supérieures et meilleures. C'est là aussi la raison pour laquelle les écoles ne prospèrent pas du tout ici ; aux yeux des gens de Nias, savoir lire et écrire, et en général toute connaissance intellectuelle est aussi superflue et inutile que quoi que ce soit au monde » 3. En d'autres termes, cela peut être bon pour le
1. Berichte der rheinischen Missio?isgesellschaft, 1899. p. lli>-6 (Nouvelle- Guinée allemande).