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INGRATITUDE APPARENTE DES MALADES

En Nouvelle-Guinée, les choses se passent précisément de même. « Dans les premiers temps, dit M. Newton, un homme qui avait à la jambe des ulcères épouvantables vous demandait de le payer pour vous permettre de le soulager. Il peut paraître bizarre que ce soit le malade qui réclame des honoraires au médecin *... » — « A chacune de nos missions, on pourrait vous raconter des histoires de malades qui y ont été soignés, et renvoyés une fois guéris, et qui ont alors demandé ce que les missionnaires allaient leur donner (sous forme d'un présent de tabac), pour avoir pris tous ces remèdes des blancs, et pour être venus de si loin, pendant tant de jours, à la mission 3. »

A Sumatra, les missionnaires allemands ont fait des expériences toutes pareilles. « Les Battaks reçoivent les soins médicaux... sans laisser paraître le moindre signe de reconnaissance ou de remerciement. Le missionnaire Max Bruch en rapporte un exemple vraiment classique. Sa femme avait secouru une femme battak en grand danger et lui avait sauvé la vie. Les gens refusèrent de ramener chez elle la femme du missionnaire, et quand ils s'y décidèrent, à la fin, ils réclamèrent à M. Bruch du tabac, parce qu'ils s'étaient tellement fatigués 3. » — « Beaucoup, disent ailleurs les mêmes missionnaires, sont reconnaissants pour les soins médicaux ; mais d'autres sont assez naïfspourpenser qu'il faut qu'ils reçoivent quelqueprésent, parce qu'ils ont fait au missionnaire le plaisir de se laisser traiter par lui \» — «J'avais en traitement un jeune homme qui s'étaitgrièvemenlblessé en abattant un arbre. . . Quand il fut en état de monter à cheval, je le fis venir à la station pour le panser. « Tu reviendras après demain, lui dis-je. »

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