lbd., 1909, p, 2ia
2. Sir Spenser St John. Life in the forests of the Far East, II, p. 8M3.
INGRATITUDE APPARENTE DES MALADES ib3
quand il fut rétabli, sa fille vint me trouver pour me dire qu'il ne pouvait pas bien manger, et qu'il l'envoyait me demander un pot en fer pour faire sa cuisine ! Encore un exemple. Le capitaine d'un bateau de bêche-de-mer entreprit de soigner un indigène dont la main avait été fracassée par un mousquet qui avait éclaté. L'armurier du bord fit l'amputation, et l'homme fut entretenu sur le bateau pendant près de deux mois. Quand il fut guéri, il dit au capitaine qu'il retournait à terre, mais qu'il fallait lui donner un fusil, pour le payer d'être resté à bord si longtemps. Naturellement sa demande fut repoussée. Après lui avoir rappelé la bonté qu'on lui avait témoignée, et à laquelleil devait probablement la vie, on renvoya à terre cet individu peu raisonnable. Il y montra son sentiment de gratitude en mettant le feuaux séchoirs du capitaine, qui perdit de ce fait du poisson pour une valeur de trois cents dol^ lai's l. »
Dans les cas que nous venons de citer, et dont la liste pourrait être allongée indéfiniment, la conduite des indigènes qui ont reçu les soins des Européens paraît déraisonnable, et même inexplicable. Ceux-ci, selon leur tempérament, en ressentent plus ou moins de surprise, de colère, de découragement, ou d'indignation amusée. Les uns se fâchent pour de bon^ les autres haussent les épaules. Aucun, à ce qu'il semble, ne se demande s'il n'y a pas là un problème psychologique à résoudre, et si le malentendu entre le docteur blanc et son client ne proviendrait pas d'une incompréhension mutuelle. Le docteur a une certaine idée de la maladie, et de la thérapeutique : cette