‹ La mentalité primitiveChapitre 288 sur 333 · R. P. Trilles. Le totémisme des Fan, p. 412 (note · texte numérisé non relu

R. P. Trilles. Le totémisme des Fan, p. 412 (note

Dans d'autres sociétés inférieures, fort loin des précédentes, on ne comprend pas davantage en quoi consiste le traitement médical ou chirurgical des Européens. Si l'on s'y soumet, c'est pour diverses raisons dont les médecins ne se doutent pas. À quoi servent réellement les remèdes employés, l'indigène n'en a nulle idée, et ne s'en préoccupe pas. Aux îles des Amis, « un homme vint trouver M. Thomas, et lui demanda de réparer une paire de lunettes, qui lui avait été fournie quelque temps auparavant par le magasin de la mission. Elles ne lui allaient pas bien, disait-il, et pourtant il en avait pris le plus grand soin : il les avait couvertes entièrement d'huile de noix de coco ' », (sans doute en signe de respect et d'hommage) . — « Sur la rivière Mimika (Nouvelle-Guinée hollandaise), les indigènes... se faisaient souvent des coupures assez profondes, avec nos haches et nos couteaux, avant d'avoir appris à en connaître le tranchant, et leurs blessures guérissaient avec une rapidité étonnante... Le seul ennui venait de ce qu'ils aimaient à ôter leurs pansements pour s'en faire des ornements personnels2. » M. Chignell dit de même, au sujet de ses Papous : « Il est difficile, — parfois même je trouve que c'est tout à fait impossible, — ■■ de se, faire comprendre de ces gens. Un homme viendra vous trouver avec un ulcère grave. Vous le pansez, vous y mettez un bandage, et vous lui dites de revenir le lendemain sans faute. Il oublie tout, ou bien vous le voyez reparaître au bout d'une semaine, et il vous dira qu'à son avis le fio ne fait pas grand bien... Peut-être les Papous pensent-ils que le remède est une sorte de charme, et qu'il aurait dû agir instantanément3. »

i. The Wesleyan missionary notices, VI (1848), p. 170 (Journal of ihe Rev. Lawry).

Page 1