Ibd., 1906, p
4. Er. Nordenskiôld. La vie des Indiens dans le Chaco, p. 95.
magicien. S'il le voulait, l'indigène serait délivré de son mal en un instant. A quoi bon ces médicaments si nombreux, ces prescriptions, ces précautions, le régime, et le reste ?
Ainsi s'explique, pour une grande part, la répugnance des indigènes à se laisser transporter chez les blancs pour y être soignés, et la difficulté de les retenir dans un hôpital, quand on a pu les décider à y entrer. Ils ne comprennent pas que pour les traiter, il faille du temps. Ils ne se rendent nullement compte de l'utilité de ce qu'on leur prescrit, et d'autre part, ils éprouvent delà défiance et de la crainte. Le Dr Bellamy a bien décrit, sur ce point, les sentiments des Papous de la Nouvelle-Guinée anglaise. « Ils ne se prêtent guère volontiers à être traités, et jusqu'à présent, ils ne sont pas arrivés à concevoir que l'hôpital est fait pour leur bien1... » Aux. îles Trobriand, « la perspective d'un traitement systématique, qui éloigne un homme ou une femme de son village, de ses jardins, de tous les siens, est fort loin de lui être agréable. En outre, les docteurs indigènes des Trobriands, les tome gant, ont traité des cas analogues, et les gens ont continué à mourir. Quelle apparence y a-t-il que les remèdes des blancs guérissent une maladie des Papous? Voilà comment ils raisonnaient. L'histoire des six premiers mois de l'hôpital est celle d'une lutte inégale contre le préjugé indigène, la superstition indigène, la stupidité indigène. . . Leur manque de foi dans les remèdes Guhanuma (européens) était lui-même une circonstance défavorable. Beaucoup des cas que l'on eut d'abord à soigner étaient des pires que l'on pût trouver (maladies vénériennes invétérées). Les malades étaient disposés à permettre un essai de trois jours, pas davantage : s'il n'y avait pas de mieux après ce délai, à quoi bon con-