‹ La mentalité primitiveChapitre 292 sur 333 · Missions évangéliques, XXII (1817), p. 406-7 (D' Lautré · texte numérisé non relu

Missions évangéliques, XXII (1817), p. 406-7 (D' Lautré

combien nos manières mettent mal à l'aise nos indigènes. Je pourrais citer des cas où des malades gravement atteints, auxquels j'ai accordé toute espèce de facilités, dont j'ai reçu les parents en visite avec des plats de lait caillé, se sont clandestinement échappés pour se cacher et se mettre à l'abri de la charité chrétienne1. »

Ainsi, même une longue familiarité avec des Européens réconcilie difficilement des indigènes déjà avancés, comme les Bassoutos, avec la médecine et les hôpitaux des blancs. « Le gouvernement du Lessouto a placé des médecins dans les villages administratifs en établissant la règle que toute consultation ou tout remède serait payé cinquante centimes : cela, pour permettre même aux plus pauvres noirs de profiter des bons offices de ces docteurs. Et il a fondé deux hôpitaux... Voici comment les Bassoutos ont réagi : « Les remèdes des médecins du « gouvernement ne valent rien; ce n'est que de l'eau. Car « pour dix sous que peuvent-ils donner, sinon de l'eau ? On « peut aller chez un médecin blanc une ou deux fois, mais « pas trois, car à la troisième il dirait qu'on gaspille ses « remèdes, et il vous préparerait une bouteille avec du « poison dedans, pour se débarrasser de vous. A l'hôpital, « on vous prendra vos habits, et vous ne les reverrez plus. « On vous privera de nourriture, et quand quelqu'un « mourra, on mettra le cadavre dans une maison spéciale, « pour l'y couper en morceaux. » Et ainsi de suite 2. »

Selon M. Diéterlen, ces mauvaises dispositions proviennent de ce que « les noirs pensent que les blancs leur veulent du mal, ou ne leur veulent pas de bien. Ils ne croient pas à leur désintéressement. Ils se méfient, de peur d'être trompés, dépouillés, lésés, conduits à des

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