V. H. Bentley. Pioneering on the Congo, I, p
si faible, qu'il la vomit, et ainsi son innocence fut établie. Le chef m'envoya un message très reconnaissant, où il déclarait qu'il me devait la vie, à moi seul... Beaucoup d'autres firent la même réflexion. Néanmoins, quelques jours après, il vint me voir les mains vides, et il me dit qu'il espérait bien que j'allais montrer ma satisfaction de le voir échappé au danger en « l'habillant ». Je lui donnai deux mètres d'étoffe, un couteau, un chapeau, et encore quelques menus objets, quoique je ne visse pas très bien la nécessité de lui donner quoi que ce soit. Au lieu de me remercier pour cette nouvelle bonté, il se mit à m'injurier parce que je ne lui faisais pas un présent beaucoup plus considérable. Il me dit que j'étais d'une avarice éhontée, et il partit furieux contre moi '. » — De môme au Gabon. « Vous sauvez la vie à un individu : attendez-vous à recevoir bientôt sa visite ; vous êtes devenu son obligé, et vous ne vous débarrassez de lui qu'à force de présents et de cadeaux J. »
A propos d'autres services qu'on leur a rendus, les indigènes manifestent des exigences analogues, en particulier pour l'instruction et les soins donnés à leurs enfants. « Nous élevons leurs enfants, nous leur donnons la nourriture, le vêtement, le logement et tous les soins intellectuels et moraux. Eh bien! ils s'étaient mis en tête que nous devions offrir un paiement à chaque enfant et à leurs parents3. » — Le P. Bulléon dit de son côté : « Les élèves sont complètement à la charge de la mission. On les nourrit, on les habille, on les instruit, on leur apprend un métier sans la moindre rétribution. Heureux quand les parents ne viennent pas vous demander de