‹ La mentalité primitiveChapitre 295 sur 333 · R. P. Bulléon. Sous le ciel d'Afrique (1888), p · texte numérisé non relu

R. P. Bulléon. Sous le ciel d'Afrique (1888), p

3. Missions catholiques, XV (1883), p. 39. Lettre du P. Angouard (Moussorongos, Haut-Congo).

cadeaux, el vous faire payer le bonheur d'entretenir leurs enfants ! Et remarquez qu'on ne reçoit que des fils d'hommes libres, et que la plupart sont môme fils de rois ou de chefs de village1. » — Chez les Béchuanas, « les parents ont cessé d'encourager les enfants à venir à l'école, préférant sans doute les envoyer aux champs, nettoyer le blé, ou paître le bétail. Quand nous avons demandé à ceux-ci pourquoi ils ne continuaient plus à nous envoyer leurs enfants, ils nous ont répondu que nous ne les payions pas ou que nous les payions trop peu2. » — Pareillement, à Tahiti, « quelques-uns des élèves semblaient penser qu'ils accordaient une faveur aux missionnaires en venant apprendre, et qu'ils avaient droit à être payés pour cette raison3 ».

Un dernier fait significatif. Le capitaine Lyon raconte l'histoire d'une vieille femme esquimau qu'il a trouvée sur son chemin, abandonnée, à moitié gelée, presque mourante. « Je n'oublierai jamais, écrit-il, l'état misérable et l'aspect sordide de cetle femme; mais je ne puis décrire la surprise que j'éprouvai lorsque, en voyant les couvertures et les fourrures où on allait l'envelopper pour la porter à bord de mon navire et l'y soigner, elle se tourna vers moi, et me demanda ce que je lui payerais pour sa peine4 ! »

Tous ces faits impliquent la même incompréhension mutuelle que nous avons signalée et analysée plus haut. Le blanc trouve déraisonnable, extravagante, inexplicable, l'exigence de l'indigène. Celui-ci réclame une indemnité qui lui serait due parce qu'on lui a sauvé la vie, ou parce qu'on entretient ses enfants ! De son côté, l'indigène est

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