‹ La mentalité primitiveChapitre 33 sur 333 · lbd., III, p · texte numérisé non relu

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même coup anéantit l'esprit malin qui réside en lui et qui agit par son intermédiaire l.

Innombrables sont les maléfices que peut employer le sorcier. S'il a condamné [doomed) un individu, tantôt il s'emparera de quelque chose qui lui a appartenu, et qui, par participation, est lui-même (par exemple, de ses cheveux, de ses rognures d'ongles, de ses excréments, de son urine, de la trace de ses pas, de son ombre, de son image, de son nom, etc.) et par certaines pratiques magiques exercées sur cette partie de son individu, il le fera périr. Tantôt il fera couler son canot, rater son fusil. Tantôt, il le dépècera la nuit, pendant son sommeil, et lui volera son principe vital en enlevant la graisse de ses reins. Tantôt il le « livrera » à une bête féroce, à un serpent ou à un ennemi. Tantôt il le fera écraser par un arbre ou une pierre qui se détachera sur son passage, — et ainsi de suite à l'infini. Au besoin, le sorcier se métamorphosera lui-même en animal. Nous avons vu qu'en Afrique équatoriale, les crocodiles qui enlèvent des victimes humaines ne sont jamais des animaux ordinaires, mais bien les instruments dociles des sorciers, ou même des crocodiles-sorciers. A la Guyane anglaise, « un jaguar qui montre une audace inaccoutumée en s'approchant des hommes paralysera souvent un chasseur, même brave, à la pensée que ce peut être un tigre-Kanaïma ». Ce tigre, se dit l'Indien, si ce n'est qu'une bête fauve ordinaire, je puis le tuer avec une balle ou une flèche, mais que vais-je devenir, si j'attaque le tueur d'hommes, le terrible Kanaïma? Beaucoup d'Indiens pensent que ces animaux- Kanaïma sont possédés par les esprits d'hommes qui s'adonnent à des actes de meurtre et de cannibalisme ' — (croyance semblable à celle que nous

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