‹ La mentalité primitiveChapitre 34 sur 333 · Brett. The Indian iribes of Guiana, p · texte numérisé non relu

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avons constatée en Afrique équatoriale, où le sorcier est aussi redouté comme anthropophage). — Les Abipones, au dire de Dobrizhofîer, tenaient précisément le même langage que ces Indiens de la Guyane anglaise. Les Araucans, « s'ils remarquent quoi que ce soit d'inaccoutumé chez un oiseau ou chez un animal, en concluent aussitôt qu'il est possédé. Un renard ou un puma qui rôde la nuit autour de leur cabane est une sorcière qui est venue voir ce qu'elle peut voler. En chassant cette bête, on prend soin de ne lui faire aucun mal, de crainte de représailles. D'une façon générale, tout ce qui n'est pas immédiatement explicable par une cause naturelle visible est attribué soit aux esprits malins, soit à la sorcellerie1 ». Selon M. Guevara, l'Araucan « attribue tout ce qu'il voit ou tout ce qui lui arrive d'extraordinaire à l'intervention d'esprits malfaisants ou de causes surnaturelles. S'agit-il d'une mauvaise récolte, d'une épizootie, d'une chute de cheval, de maladie, de mort... les sorciers en sont toujours la cause. C'est d'eux que dépend le temps que dure la vie, les malheurs qui surviennent pendant son cours, etc. 2. » Le nombre et la variété des amulettes, des talismans, des formules, des pratiques de toutes sortes par lesquelles, un peu partout, on essaye de se protéger, tant bien que mal, contre les maléfices possibles, montre combien la préoccupation de la sorcellerie obsède les esprits dans les sociétés inférieures, et même dans des sociétés plus développées.

Quand l'échec ou le malheur se produit, un point est hors de doute : c'est qu'une influence occulte s'est exercée. Mais il est souvent difficile de savoir laquelle. A ne considérer que l'événement même, la chasse restée infruc-

1. R. E. Latcham. Ethnology of the Araucanos, J. A. I., XXXIX, p. 350-2.

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