‹ La mentalité primitiveChapitre 36 sur 333 · R. H. Nassau. Fetichism in West Africa. p · texte numérisé non relu

R. H. Nassau. Fetichism in West Africa. p

séparé des siens. Il demeure au contraire dans le voisinage de son corps, et les soins mêmes que Ton rend à sa dépouille mortelle sont inspirés par le sentiment de sa présence, et du danger qu'il y aurait à ne pas le traiter conformément aux usages obligatoires.

Dans certaines sociétés inférieures, il n'est pas permis d'enterrer les morts qui ne font pas partie du groupe social dans le sol qui lui appartient. « Les croyances s'opposent, dit le Dr Pechuël-Loesche à ce que l'étranger soit enseveli dans la terre, car, ce faisant, on hospitaliserait son âme, et qui sait de quoi elle est capable ' ? » Et il raconte l'histoire d'un Portugais, qui, par exception, avait été enterré au Loango ; une sécheresse étant survenue, on l'exhume et on le jette à la mer. Déjà dans la relation, d'ailleurs si souvent suspecte, de Cavazzi, nous trouvons un trait semblable. « Les fidèles voulurent enterrer un missionnaire à l'intérieur de l'église, mais certains idolâtres, qui avaient caché jusqu'alors leur perfidie, s'y opposèrent avec tant de violence que le roi même, craignant la défection des autres, jugea préférable de dissimuler... le corps fut jeté à la mer2. » Chez les Achantis, le roi cache la mort de l'enfant d'un missionnaire qu'il retient prisonnier... « Afin de prévenir un malheur dans son pays, ce roi superstitieux, ne voulant pas qu'un blanc fût enseveli chez lui, a fait embaumer l'enfant, pour le remettre à ses parents quand il les libérera3. » Un chef cafre, pour exprimer son attachement à un missionnaire qui refusait de quitter le pays, et pour l'en remercier, lui dit : « Il faut que vous mouriez ici. Vous ne devez pas aller mourir ailleurs. Si vos os blanchissent ici, on vous demandera —

1. Dr Pechuël-Loesche. Die Loango Expédition, III, 2, p. 210-11.

2. Cavazzi. Islorica descrizione de'treregni di Congo, Matamba ed Angola. p. 569.

Page 1