‹ La mentalité primitiveChapitre 40 sur 333 · Eyloiann. lbd., p · texte numérisé non relu

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Lévy-Bulhl. — Mentalité. 5

mitive ne voit pas là une supercherie formelle. Sans doute, seule la mort du coupable, dans certains cas, donne au nouveau mort une satisfaction totale. Mais le plus souvent, qu'il soit tué ou non, l'expédition vengeresse possède déjà par elle-même une valeur et une influence suffisantes. Elle agit à la façon d'un rite, qui apaise le ressentiment du nouveau mort, et par suite, calme les inquiétudes des survivants. C'est ce qu'a bien vu Taplin. « En général, ils ne peuvent pas l'atteindre (l'auteur de la mort), et souvent, ils n'y tiennent pas... On prend des dispositions pour une bataille rangée, et les deux tribus se rencontrent, accompagnées chacune de leurs alliés... S'il y a quelque autre cause d'animosité entre les tribus, on se battra assez sérieusement à coups de lances. Mais si les tribus n'ont pas d'autre raison de se battre que le nouveau mort, on jettera probablement quelques lances, on se répandra en copieuses injures, peut-être un ou deux hommes seront légèrement blessés, et alors les vieillards déclareront que cela suffit. On considère que le mort est apaisé par les efforts que les siens ont fait pour venger sa mort en combattant, et les deux tribus se réconcilient. En ce cas, le combat n'est qu'une cérémonie l. »

Les missionnaires de la Nouvelle-Guinée allemande ont bien mis en lumière les étroites relations qui subsistent entre le nouveau mort et son groupe, et le soin que les survivants apportent à le satisfaire. « Les groupes circonvoisins considèrent comme leur devoir de visiter la tombe. Cette visite sert en même temps à prouver leur innocence. Si un village ne vient pas, c'est qu'il n'a pas la conscience nette2. » En effet, le maléfice perd sa force aussitôt que le sorcier touche sa victime : il est donc obligé d'éviter la

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