Rev. G. Taplin. The Narrïnyeri tribe, p
2. R. Neuhauss. Deutsch Neu Guinea (Environs du cap Kœnig Wilhelm), III, p. 258-59.
présence du malade, et par suite, il n'ose pas lui témoigner sa sympathie par une visite. « Quand la mort a eu lieu, il ne peut pas assister aux funérailles parce qu'il courrait le risque de se voir démasquer comme sorcier. Les Kai croient que le mort mis en bière crache le bétel qu'on lui a placé dans la bouche, ou donne un autre signe du même genre, dès que son ennemi mortel s'approche. C'est ainsi que s'expliquent les soupçons des parents d'un malade ou d'un mort contre ceux qui ne viennent pas faire visite au malade, ou qui ne se montrent pas aux funérailles1. » « En tout cas, les survivants doivent au moins faire sentir leur colère au sorcier... Les parents qui y manquent sont punis par des malheurs de toutes sortes. Leurs moissons périssent, leurs porcs et leurs chiens crèvent, leurs dents se gâtent aussitôt. C'est la vengeance de l'âme qui est partie. La « petite » âme (les Tami distinguent une grande et une petite âme) demeure dans le voisinage de la tombe, jusqu'à ce que les vers sortent du cadavre 2. » L'indigène a donc les raisons les plus pressantes de satisfaire le nouveau mort. Mais c'est seulement dans les premiers temps qui suivent la mort que cette crainte est vive. Au fur et à mesure que le temps passe, on se rassure, et à la fin, « il dépend du mort lui-même que le deuil se prolonge ou non. S'il procure du gibier en abondance aux chasseurs de son village, les cérémonies du deuil durent longtemps. S'il n'en procure pas ou peu, son souvenir s'efface bientôt. Le veuf ou la veuve peut se remarier ; cela n'a rien à voir avec les cérémonies de deuil. . . 3. » L'obligation essentielle est de venger la mort dès qu'elle a eu lieu. « Ce sont presque toujours des cas de mort qui occasionnent les guerres des Kai. On veut faire périr le ou