‹ La mentalité primitiveChapitre 42 sur 333 · Ibd., III. (Kai1, p. S · texte numérisé non relu

Ibd., III. (Kai1, p. S

les sorciers, on veutextermineraveceuxtoute leur parenté, pour pouvoir enfin vivre en paix. L'esprit du mort exige la vengeance : si elle n'est pas obtenue, les siens en porteront la peine. Non seulement il ne leur procurera pas de succès à la chasse ; il enverra des sangliers qui ravageront leurs champs, et il leur causera toutes sortes de dommages. Qu'un malheur arrive sur ces entrefaites, que la pluie fasse défaut, que des maladies se produisent, par refroidissement, que des hommes se blessent, on reconnaît là la vengeance de l'esprit. L'indigène se trouve donc pris dans un dilemme embarrassant au plus haut point. Si la crainte que lui inspire la vengeance d'esprits redoutables n'était pas plus forte que celle qu'il a des hommes, s'il n'y avait pas en outre son attachement à ses objets précieux et à ses porcs, le Papou, du moins le Kai, n'entrerait jamais en campagne '. »

S'il découvre dans une tribu voisine le sorcier auteur de la mort, et s'il le tue, une guerre s'ensuivra. Il mesure assez exactement d'avance le dommage qu'elle pourra lui causer, et il prend ses dispositions en connaissance de cause. Mais du mort irrité, tout est à craindre : quels que soient les malheurs que le Papou aura prévus, d'autres encore viendront fondre sur lui, au moment où il s'y attendra le moins. Mal pour mal, il préfère celui qui est connu et défini, d'autant plus que, pour le succès de ses entreprises, l'aide positive du mort lui est indispensable.

Pareillement, à Buin (Bougain ville), c'est « avant tout les esprits des morts qui interviennent dans la vie des hommes pour la favoriser et pour lui nuire. Aussi s'adresset-on aux ancêtres afin d'obtenir leur appui... on leur apporte des offrandes, on leur fait des sacrifices, etc.) 2. »

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