‹ La mentalité primitiveChapitre 43 sur 333 · Ibd., III, p · texte numérisé non relu

Ibd., III, p

2. R. Thurnwald. lm Bismarck Archipel und aufden Salomo Insein. Zeitschrift fur Ethnologie, XLII. p. 132-33.

Chez les Dayaks de Bornéo, un excellent observateur, M. Perham, a fait ressortir l'étroite solidarité qui unit les vivants à leurs morts, et les services qu'ils se rendent mutuellement. « On croit que les morts construisent des maisons, cultivent des rizières, et subissent toutes les corvées d'une vie de travail : il y a. chez eux la même inégalité de conditions que chez les vivants. Et, de même que les hommes d'un groupe donné s'entr' aident dans la vie, pensent-ils, la mort ne tranche pas nécessairement le lien qui leur fait échanger des services : le vivant peut venir en aide au mort, lui fournir des aliments et d'autres objets nécessaires; le mort peut se montrer non moins généreux en donnant aux vivants des médecines douées de vertus magiques, des amulettes et des talismans de toutes sortes pour les assister dans leur travail1. » M. Perham rappelle, dans ce passage, que les morts forment une société toute pareille à celle des vivants, et qu'il y a entre les deux échange de bons procédés, chacune ayant besoin de l'autre. Mais il s'agit là des morts bien établis dans leur condition nouvelle, une fois toutes les cérémonies funéraires dûment accomplies. Dans la période de transition que le nouveau mort traverse, à partir du moment où le corps a cessé de vivre, il a, chez les Dayaks comme ailleurs, des exigences particulières. Les vivants ne peuvent pas y rester sourds, sous peine de s'attirer sa colère, et par suite, les plus grands malheurs.

C'est là, comme on sait, une des raisons de la chasse aux têtes (head-hunting), si répandue à Bornéo et dans les régions avoisinantes. Comme le Kai de la Nouvelle- Guinée, l'indigène se trouve pris dans un dilemme. Ou il rapportera d'une expédition expressément entreprise à cet effet une ou plusieurs tètes, ou il aura à subir la ven-

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