H. Ling Roth. Natives of Sarawak, I, p
geance du mort, qui retombera non seulement sur lui, mais sur les siens et sur tout son groupe. Et comme le Kai, il choisira le moindre mal. Voici un exemple caractéristique : « Un jour Lingir, chef d'une des tribus Sarétas, parut à Sarawak, la tête rasée, couvert de haillons, en piteux équipage, mais accompagné de trente-trois bateaux, et il demanda au rajah la permission d'attaquer les Dayaks de Lundu ou de Samarhand : il donna pour raison de cette demande extraordinaire que son frère était mort, et qu'il ne pouvait pas célébrer ses obsèques avant de s'être procuré une tête... Lingir, naturellement, n'obtint pas l'autorisation qu'il était venu solliciter à Sarawak, et il fut invité à s'en retourner immédiatement avec sa flotte ; ce qu'il fit, mais en capturant les têtes de quatre malheureux pêcheurs qui se trouvèrent sur sa route \ » Ce chef n'ignorait pas que, si le rajah était informé du fait — ce qui était plus que probable — il aurait à en répondre, et que l'affaire pouvait mal tourner pour lui. Mais il préférait en courir le risque, plutôt que de rentrer chez lui sans s'être procuré ce qui lui était absolument nécessaire pour contenter l'esprit de son frère mort.
Un usage analogue semble avoir existé au Cameroun. « La mort des chefs, dit M. Mansfeld, paraît avoir donné lieu autrefois à une sorte de petite guerre. Quand un vieux chef mourait, dans un village A, deux ou trois hommes se rendaient dans une localité B distante, par exemple, de trois lieues; ils se mettaient en embuscade, tuaient sans aucune provocation deux hommes de ce village, et emportaient les crânes. Naturellement, ce village B se vengeait2. »
Dans des sociétés plus développées que les précédentes, chez les Bantous et chez d'autres indigènes de l'Afrique