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« On guette avec impatience la présence de ces serpents rassurants. Si l'on en voit un sur la tombe, l'homme qui est venu voir s'en retourne et dit : « Oh ! je l'ai vu aujour- « d'hui qui se chauffait au soleil en haut de la tombe. » S'il tarde à venir à la maison, ou si l'on ne rêve pas du mort, on sacrifie un bœuf ou une chèvre, et on dit qu'on l'a ramené à sa maison. Et si alors on ne rêve pas de lui, même si le serpent est venu, on s'inquiète et l'on demande : « Gomment cet homme est-il mort? nous ne « le voyons pas, son itongo est ténébreux. » (Le soupçon de sorcellerie apparaît.) On va trouver un « docteur », si le mort était le chef d'un grand village ; pour un pauvre on ne fait rien1. »
Le souci de rester en contact avec Y itongo est évident, et ce souci est inspiré par le sentiment du pouvoir de cet esprit, de qui dépendent la santé, la prospérité et la vie même de ceux qui habitent le village. Comme on vient de le voir, tout esprit de mort n'est pas un itongo. « Les amahlosi ne deviennent pas tous des amatongo, mais seulement d'abord les chefs morts : Yitongo occupe dans le monde des esprits un rang supérieur à celui des ihlosi ordinaires. Chaque famille a, outre les amatongo communs à la tribu, son itongo particulier. « Notre père que « nous connaissons, disent-ils, est le tout de notre vie. » On le regarde comme une sorte de génie tutélaire de la famille2. Si elle émigré, et que Yitongo ne se montre pas dans la nouvelle demeure, il faut aller le chercher. On casse une branche de mûrier sauvage et on la porte à l'ancien domicile. Là on offre un sacrifice, on chante le chant préféré de Yitongo pour qu'il se dise : « Véritablement mes enfants se sentent abandonnés parce
1. lbd.t p. 141-43. Cf. Dr Wangemann. Die Berliner Mission im Zululande, p. 17.