D' Wangemann. lbd., p
« que je ne viens pas avec eux! » Alors on traîne la branche de mûrier par terre jusqu'à la nouvelle demeure, espérant que peut-être Yitongo en suivra la trace, ou qu'il révélera dans un songe pourquoi il ne veut pas venir1. »
Toutefois, ces honneurs et ces respects que les vivants prodiguent à leur itongo, il faut qu'il en reste digne. S'il néglige d'assurer la prospérité des siens, si le malheur s'abat sur eux, on redouble d'abord de supplications; puis le ton change, et on dit crûment à Yitongo ses vérités. — « Leur père est un grand trésor pour eux-mêmes après sa mort. Ceux de ses enfants qui sont grands connaissaient sa bonté, son courage. Et si la maladie est dans le village, le fils aîné loue le père mort, en lui donnant les noms glorieux qu'il a acquis en combattant l'ennemi, et en même temps il loue tous les autres amatongo. . . Le fils blâme son père en disant : « Quant à nous, nous pouvons mourir. De qui donc prenez-vous soin? Que nous mourions tous, et nous verrons dans quelle maison vous pourrez entrer. Vous n'aurez que des sauterelles à manger ; on ne vous invitera plus nulle part, si vous faites périr votre propre village2. »
Rien n'est plus précieux aux yeux du Gafre que son bétail. 11 en demeure le maître après sa mort, et s'il trouve qu'on ne lui rend pas des honneurs suffisants, il sait se venger en infligeant toutes sortes de maux et de maladies à ce bétail et aux hommes mêmes... « De la sorte, il existe pour le Zoulou, à côté du monde sensible, un monde des esprits, qu'ils se représente comme continuant à vivre en liaison avec le premier et dont il a d'autant plus peur que ces esprits, inattaquables de la part