‹ La mentalité primitiveChapitre 51 sur 333 · Rev. J. Macdonald. Africana, I, p · texte numérisé non relu

Rev. J. Macdonald. Africana, I, p

pas non plus l'esprit d'un homme déterminé ; c'est la force d'où proviennent tous les malheurs, et qu'il faut absolument apaiser1. »

Chez les Wachaga, cette distinction est explicitement formulée. Dans le kirengo, sorte de catéchisme enseigné aux jeunes gens récemment circoncis, se trouve un chapitre, le huitième, relatif aux chefs morts « inconnus », et un autre, le dixième, relatif aux chefs morts connus. « Lorsque personne ne connaîtra plus Kizaro, le cercle portant le nom de ce chef sera rayé de ce chapitre (le dixième) , et mis au chapitre des chefs inconnus. Cette coutume est en rapport avec les idées religieuses des Wachaga. Les âmes des défunts, disent-ils, restent dans le pays tant qu'il y a des hommes qui les ont connus, et qui par conséquent offrent des sacrifices à leurs mânes ; lorsque les mânes n'ont plus d'ami sur terre qui leur fasse des sacrifices, elles (sic) se retirent du pays, et vont habiter une contrée étrangère inconnue2. »

11 serait difficile d'exagérer la place que ces ancêtres tiennent dans les préoccupations quotidiennes de nombre de. tribus bantoues. « Nos ancêtres nous voient, disent les indigènes. Ils contemplent toutes nos actions; si nous sommes mauvais, si nous n'observons pas fidèlement les traditions qu'ils nous ont léguées, ils nous envoient des kombo. Kombo, c'est la famine, c'est la guerre, c'est tout fléau imprévu3. »

Dans les sentiments complexes qu'ils inspirent, la crainte prédomine. Ils sont exigeants. On n'est jamais sûr de les avoir contentés. Pour obtenir que les prières qu'on

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