‹ La mentalité primitiveChapitre 6 sur 333 · Kn. Rasmussen. Neue Menschen, p · texte numérisé non relu

Kn. Rasmussen. Neue Menschen, p

sements de la populace : « Le Dieu des hommes blancs, entendriez-vous dire à l'interlocuteur païen, peut-il être vu de nos yeux? — ...Que si Morimo (Dieu) est absolument invisible, comment un homme raisonnable adorerait-il une chose cachée *? » — De même chez les Bassoutos. « Moi, je veux d'abord monter au ciel pour voir s'il y a réellement un Dieu, disait fièrement un pauvre Mossouto, et quand je l'aurai vu, je croirai en lui2. » Un autre missionnaire insiste sur« le manque de sérieux, l'absence de réflexion que l'on trouve généralement parmi ce peuple (les Béchuanas). Dans ces gens la pensée est pour ainsi dire morte, ou du moins elle ne sait presque jamais s'élever au-dessus de la terre... hommes grossiers qui font leur dieu de leur ventre3. » Burchell écrit de même, au sujet des Boschimen : « Les personnes dont l'esprit a été ouvert par une éducation européenne ne peuvent guère se représenter ce qu'ils appelleraient la stupidité des sauvages, pour tout ce qui dépasse les idées les plus simples et les notions les plus élémentaires, au point de vue soit physique, soit moral. Mais le fait est tel : leur vie comprend si peu d'incidents, leurs occupations, leurs pensées et leurs soins sont bornés à un si petit nombre d'objets que, nécessairement, leurs idées sont aussi fort peu nombreuses et fort bornées. J'ai parfois été obligé de rendre à Machunka sa liberté alors qu'il m'avait enseigné à peine une douzaine de mots, tant il était évident que l'effort d'attention, ou le travail ininterrompu de la faculté de penser épuisait vite sa capacité de réflexion et le rendait vraiment incapable de s'attacher plus longtemps au sujet. Dans ces occasions, son inattention, son air absent faisaient voir que des questions abstraites, môme

1. Missions év an g èliques, XXIII (1848). p. 82 (Schruunp').

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