TENDANCES MAITRESSES ET OBJETS HABITUELS
de l'espèce la plus simple, le réduisaient vite à l'état d'un enfant dont la raison n'est pas encore éveillée. Il se plaignait alors d'avoir mal à la tête... l » Mais le même voyageur nous dit ailleurs, en parlant de ces Boschimen: « Ils ne sont ni lourds ni stupides ; au contraire, ils sont assez vifs, et sur les sujets que leur manière de vivre met à portée de leur observation et de leur compréhension, ils montraient souvent de la pénétration et de la sagacité*. »
Chez eux donc, comme chez les Iroquois, l'aversion pour les opérations discursives de la pensée ne provenait pas d'une incapacité constitutionnelle, mais d'un ensemble d'habitudes qui régissaient la forme et l'objet de leur activité d'esprit. Le missionnaire Moffat, qui avait passé de longues années dans l'Afrique australe et qui parlait couramment la langue des indigènes, nous dit la même chose des Hottentots. « Il est extrêmement difficile de se représenter d'une manière exacte jusqu'où va l'ignorance même des plus éclairés d'entre eux, sur des sujets qui sont familiers ici aux petits enfants. Et pourtant, on ne peut nier, en dépit de ces apparences générales, qu'ils ne raisonnent avec pénétration et qu'ils ne sachent observer les hommes et les caractères3. »
Un autre missionnaire dit des mêmes Hottentots : « Nos amis d'Europe trouveraient certainement incroyables les exemples que nous pourrions donner de la lourdeur d'esprit de ces gens quand il s'agit de penser, de comprendre et de retenir. Moi-même, qui les connais depuis si longtemps, je ne peuxm'empêcher d'être surpris quand je vois
4. W. J. Burchell. Travelsinto theinterior of southern Africa,\\, p. 295. — De même, - A peine a-t-on commencé à lui poser des questions sur sa langue, qu'il perd patience, se plaint de mal de tête, et montre qu'il lui est impossible de prolonger un tel effort. » Spix und Martius. Reise in Brasilien, I, p. 384.