lbd., II, p
3. R. Moffat. Missionary labours and scènes in South Africa (1842), p. 237.
t) INTRODUCTION
quelle énorme difficulté il y a pour eux à saisir les vérités les plus simples, et surtout, à faire eux-mêmes un raisonnement, — et comme ils oublient vite ce qu'ils ont compris1. »
Ce qui leur manque, c'est d'appliquer ordinairement leur esprit à d'autres objets qu'à ceux qui tombent sous les sens, ou de poursuivre d'autres fins que celles dont ils aperçoivent l'utilité immédiate. M. Campbell, dans son petit traité de la vie d'Africaner, rapporte ceci : comme on lui demandait quelle idée il avait de Dieu avant qu'il eût reçu le bienfait d'une éducation chrétienne, il répondit qu'à cette époque il n'avait absolument aucune idée sur cet ordre de sujets, qu'il ne pensait à rien qu'à son bétail 2. M. Moffat a recueilli ce même aveu delà bouche d'Africaner, qui était un chef indigène redoutable et fort intelligent.
Entrés en rapport avec les Européens, et obligés ainsi à des efforts d'abstraction nouveaux pour eux, il est naturel que ces indigènes de l'Afrique australe aient cherché, instinctivement, à réduire ces efforts au minimum. Toutes les fois que leur mémoire, qui est excellente, peut les dispenser de réfléchir et de raisonner, ils ne manquent pas de l'employer. En voici un exemple instructif: « Le missionnaire Nezel dit à Upungwane : « Tu as entendu le sermon de dimanche dernier, raconte-moi ce que tu as retenu .» Upungwane hésita d'abord, comme font toujours les Cafres, mais ensuite il reproduisit mot pour mot toutes les idées principales. Quelques semaines après, le missionnaire l'observa pendant le sermon, tout à fait inattentif en apparence, occupé à tailler un morceau de bois. Après le sermon, il lui demanda : « Qu'as-tu retenu
1. Berichte der rheinischen Missionsgesellschaft, 1865, p. 363.