Ibd., XXXIII (1647-48), p
fait tout récemment, leur ôtant l'espérance d'en pouvoir obtenir de nous, ils eurent recours aux Hollandais, qui leur vendirent fort cher la pauvre soutane du père Poncet qui en avait quelque temps auparavant été dépouillé par les Annienhronnons. Cette femme lui attribuant sa guérison la veut garder toute sa vie... L'été dernier, une femme n'ayant pu trouvé à Québec un chien français quelle y était venue chercher parce qu'un sien neveu l'avait vu en songe, entreprit un second voyage de plus de 400 lieues, par les neiges, les glaces et les chemins les plus rudes, pour aller chercher cet animal si désiré au lieu où on l'avait transporté1. »
Mais il arrive aussi qu'un songe doit être « mis en exécution » sans qu'il soit question de maladie. Les jésuites eux-mêmes en citent beaucoup d'exemples. En voici un caractéristique. « Il n'y a pas longtemps qu'un homme du bourg d'Oiogoen vit une nuit en dormant dix hommes qui se plongeaient dans la rivière gelée, entrant par un trou fait à la glace et sortant par l'autre. A son réveil, la première chose qu'il fait, c'est de préparer un grand festin, et d'y inviter dix de ses amis. Ils y viennent tous, et ce n'est que joie et que réjouissances... Là-dessus, il leur raconte son songe, qui ne les étonne pas pourtant, car, sur l'heure même, ils se présentèrent tous dix à l'exécuter. On va donc à la rivière, on perce la glace, et on y fait deux trous éloignés l'un de l'autre de quinze pas. Les plongeurs se dépouillent, le premier fraye le chemin aux autres; sautant dans un des trous, il sort fort heureusement par l'autre; le deuxième fait de même, et ainsi des autres jusqu'au dixième, qui paya pour tous, car il ne put s'en tirer et périt misérablement sous la glace 2. » Il fallait bien,