‹ La mentalité primitiveChapitre 78 sur 333 · lbd., III, p · texte numérisé non relu

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tieux que l'ignorance et la tradition portent à un haut degré parmi les sauvages. Se considérant comme obligé de lui obéir, malgré le refus de ses compagnons, il partit seul, et en arrivant près de l'endroit indiqué, il vit les animaux dont il avait rêvé. Aussitôt il fit feu, et il tua un ours. Frappé d'horreur par ce résultat, et craignant la colère du maître de la vie qu'il croyait avoir mortellement offensé, il tomba par terre, et resta quelque temps sans connaissance. Puis, reprenant ses sens, il se releva, et il revenait tant bien que mal vers ma maison, quand il rencontra sur la route un autre ours puissant, qui le renversa et lui déchira la figure avec ses griffes. L'Indien, racontant cette aventure à son retour, ajouta avec la simplicité de sa nature, que Tours lui avait demandé ce qui avait pu le conduire à tuer son totam; à quoi il avait répondu qu'il ne savait pas qu'il y eût un ours dans le troupeau sur lequel il avait tiré; qu'il était désolé de ce malheur et qu'il espérait que Fours aurait pitié de lui; — Tours alors l'avait laissé aller, en lui disant d'être plus circonspect à l'avenir, et de faire connaître à tous les Indiens ce qui était arrivé, afin que leurs totams fussent en sûreté et que le maître de la vie ne fût pas irrité contre eux. Quand il entra chez moi, il me regarda très sérieusement, et prononça ces mots : « Castor, (c'était le nom indien de Long) ma foi est perdue, mon totam est courroucé, je ne pourrai plus chasser1! »

1. J. Long. Voyages and travels of an indian interpréter and trader (1791), p. 86-87.

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