RIEN NE SE FAIT SANS LES PRÉSAGES
cordants, et il en est de tout à fait précieux, par exemple ceux de M. Perham et du Ur Nieuwenhuis.
M. Perham a bien fait voir l'autorité reconnue aux présages par les tribus indigènes, et le pouvoir qu'elles leur attribuent. « Ils croient fermement que là est la base de tout succès. Us ne tarissent pas en histoires où sont racontés les échecs, les maladies, les morts dus à des présages qu'on a eu l'imprudence de négliger. On peut essayer de combattre ce système par des raisonnements, mais ils pensent avoir, dans les coïncidences qu'ils peuvent citer, une preuve formelle de sa vérité; et à leurs yeux une coïncidence accidentelle est plus convaincante que le raisonnement le plus rigoureux... Tous les cas où l'événement a paru vérifier la prédiction sont soigneusement conservés, tandis que ceux où le présage s'est trouvé faux sont vite oubliés1. »
Cette sélection, qui se fait d'ailleurs inconsciemment et de très bonne foi, se trouve favorisée par le fait que « ce système... est très compliqué et très poussé dans le détail, comporte des incertitudes sans fin pour tous ceux qui ne sont pas tout à fait maîtres de cette science, et les jeunes hommes ont continuellement à demander à leurs anciens comment agir lorsque se produisent des rencontres imprévues de présages différents et en apparence contradictoires2. »
Il ne saurait être question d'entrer ici dans un exposé, même sommaire, de ce système et de la casuistique qui s'y développe. Peut-être suffi ra-t-il de dire que les présages, pour toutes les circonstances de la vie, individuelle ou sociale, sont fournis par sept oiseaux, et en outre, par un certain nombre d'animaux, qui sont le cerf, l'élan, la
1. Rev. J. Perham, cité par Ling Roth. The natives ofSaraicak, I, p. 195.