‹ La mentalité primitiveChapitre 83 sur 333 · Ibd., I, p · texte numérisé non relu

Ibd., I, p

Lévy-Brdul. — Mentalité. 9

gazelle, l'armadillo, trois espèces d'insectes, le lézard, la chauve-souris, le python, le cobra, et parfois aussi le rat. « Tous ces animaux peuvent donner des présages en diverses manières, et, par suite, en tant qu'ils ont ce pouvoir on les appelle oiseaux (burong) : obtenir d'eux des présages se dit beburong. » Les présages sont tirés du vol des oiseaux, du cri des animaux, de la direction d'où ils viennent ou qu'ils prennent, etc.. C'est sur ce point que la ressemblance avec les pratiques romaines est le plus frappante.

Nombre de témoignages attestent que, faute de présages favorables, ou en présence de présages funestes, on renoncera à une entreprise, ou même on l'abandonnera si elle est déjà commencée. Par exemple, « les Kenyan de Tanah Putih voulurent utiliser notre séjour pour construire un bateau. Mais, en entrant dans la forêt (pour y abattre un arbre), ils rencontrèrent un hisit (oiseau) qui siffla à leur gauche, et ils firent demi-tour. Une demiheure après, ils y retournèrent et abattirent un arbre, mais au moment Qsù il tomba, ils aperçurent de nouveau un signe défavorable. Ils laissèrent là leur arbre, et renoncèrent au bateau1. » De même, au moment de partir en voyage, il faut que les présages soient favorables : autrement, on s'abstient. « Leur attitude me paraissait inexplicable; mais on mïnforma aussitôt qu'il ne pouvait être question de se mettre en route, attendu qu'un de leurs oiseaux-présages, et justement un hisit, venait de survoler la maison et même y était entré par le toit. C'était là le signe le plus funeste pour le début d'un voyage; il fallait par conséquent observer d'abord un melo njaho (tabou général) de quatre jours, et ensuite observer de nouveau les oiseaux2... »

Plus l'entreprise est difficile ou dangereuse, plus il faut

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