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•de présages favorables. « On me dit que beaucoup de villages voulaient prendre, part au voyage — en tout à peu près 500 hommes, mais il fallait que chaque village observât les oiseaux pour son compte particulier. Pour une expédition de ce genre, on ne croyait pas pouvoir se contenter de moins de dix présages favorables différents. Gomme la plupart des indigènes en trouvaient toujours de mauvais dans la série, ils se trouvaient toujours obligés de rebrousser chemin1. »
Si la décision des présages est ainsi souveraine, ce n'est pas seulement parce qu'ils sont considérés comme des prédictions infaillibles. La raison en est plus profonde : le présage favorable est une aide positive dont on ne peut pas se passer. Il n'est pas uniquement l'annonce, il est avant tout la garantie du succès : garantie indispensable, condition sine qua non. Il ne suffira donc pas qu'aucun présage funeste n'ait apparu. Il faut encore que les présages favorables se soient produits. En leur absence, on ne fera rien, même s'il est désastreux de s'abstenir. Ainsi, au moment de commencer les semailles, il est absolument nécessaire d'avoir entendu tel oiseau à droite, d'avoir vu tel autre à gauche, etc. S'il ne s'agissait que d'être renseigné sur le point de savoir si la récolte sera bonne, on pourrait se résigner à travailler, faute de mieux, dans l'incertitude, surtout quand le temps presse, et que la saison des semailles va être bientôt passée. Pourtant on ne commencera pas, aussi longtemps que les présages requis n'auront pas été recueillis. C'est que les manifestations de l'oiseau ont, par elles-mêmes, une vertu mystique qui assure la récolte en même temps qu'elle l'annonce. Si elles n'ont pas eu lieu, la récolte ne peut pas se produire non plus.