‹ La mentalité primitiveChapitre 85 sur 333 · Ibd., II, p · texte numérisé non relu

Ibd., II, p

Le témoignage de M. Perham est ici formel. « IL faudra quelquefois un mois pour obtenir toutes ces prédictions augurales qui doivent donner aux indigènes confiance dans le résultat de leurs travaux. Mais, quand elles se sont toutes produites, l'augure qui les recueille a maintenant un nombre de rameaux, ou de bâtons, égal à celui des oiseaux qu'il a entendus. Il porte ces rameaux ou bâtons au terrain qui a été choisi pour être cultivé, et il les plante dans la terre ; il récite une courte invocation aux oiseaux et à Pulang-gana, coupe un peu d'herbe ou de jungle avec son parang, et s'en retourne. La puissance magique des oiseaux a été ainsi transférée à la terre1. » C'est à cause de -cette puissance magique des oiseaux, qui est indispensable pour rendre la terre fertile, que l'on est obligé d'attendre leur bon plaisir avant de se mettre à la cultiver.

Le fait suivant n'est pas moins significatif. « Quand on va rendre visite à un malade, on désire voir des oiseaux à droite ; ce présage a plus de pouvoir pour produire la santé. Et c'est une occasion pour moi de mentionner encore une manière de communiquer à l'objet la vertu du présage favorable. Lorsqu'un Dayak qui s'est mis en route pour aller voir un ami malade entend un oiseau favorable, il s'assied, mâche du bétel, de la feuille de sirih, de la chaux, du tabac et du gambir, pour sa propre satisfaction, ensuite, il en mâche un peu plus, et il l'enveloppe dans une feuille, pour l'apporter à son ami malade. Pourvu que celui-ci soit en état de l'avaler, ce sera une aide efficace pour sa guérison : car ce mélange ne contient-il pas la voix de l'oiseau, élixir mystique de vie venu du monde invisible2? » Le Dayak n'apporte donc pas seulement au

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