‹ La mentalité primitiveChapitre 88 sur 333 · H. Liog Roth. Ibd., I, p · texte numérisé non relu

H. Liog Roth. Ibd., I, p

Dès lors, il est naturel que, dans les représentations collectives des Dayaks, les oiseaux sacrés n'annoncent pas seulement les événements, mais aussi qu'ils les produisent. En tant que porte-parole des êtres invisibles, ils prédisent ; en tant qu'ils sont ces êtres invisibles eux-mêmes, ils agissent. A eux donc s'adresseront les invocations et les prières, ils seront l'objet d'un culte. Ce fait, décrit, comme on vient de le voir, par M. Perham, a été signalé aussi par MM. Hose et Mac Dougail, chez plusieurs tribus de Bornéo. Mais ils l'interprètent autrement. Ils ne pensent pas, commeM. Perham, que les oiseaux-présagespossèdent réellement, aux yeux des indigènes, la puissance mystique d'où dépendent les événements. La fonction propre des oiseaux consisterait uniquement à être les messagers des dieux; c'est par une sorte d'abus et d'usurpation qu'un rôle plus important leur serait attribué. « L'habitude d'approcher des dieux et de communiquer avec eux par l'intermédiaire des oiseaux-présages paraît rendre compte, dans une large mesure, du fait que les dieux eux-mêmes ne sont conçus que vaguement ; ceux qui leur rendent un culte ne se sentent pas en relations étroites et intimes avec eux. Les oiseaux-présages paraissent constituer non seulement un moyen de communication, mais aussi, pour ainsi dire, un écran qui cache aux gens la vision de leurs dieux. Gomme dans beaucoup de cas analogues, les intercesseurs et les messagers au soin de qui les nouvelles sont confiées acquièrent aux yeux du peuple une importance démesurée. Le dieu, derrière l'oiseau-présage, risque d'être perdu de vue ou à peu près, et l'oiseau même tend à devenir un objet de culte, à être regardé comme celui à qui s'adressent les prières, et qui dispense

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