OISEAUX-PRÉSAGES
les bienfaits qu'il ne fait en réalité que prédire ou annoncer1. »
MM. Hose et MacDougall reviennent à plusieurs reprises sur cette idée. « Il nous semble probable, disent-ils, que dans ce cas les Kenyah ont poussé plus loin la tendance déjà remarquée chez les Kayans à laisser les oiseaux-présages prendre dans leurs cérémonies et dans leurs prières une place si prépondérante, que les dieux dont ils sont les messagers en sont obscurcis/C'est de la sorte que Bali Flaki (une espèce de faucon) a rejeté au dernier plan, et plus ou mo\ns supplanté, un dieu de la guerre dont le nom a môme été oublié par nombre de Kenyah, sinon par tous -. »
De même, ailleurs, « bien que les Kenyahs s'adressent à Bali Flaki pour les guider et les assister en mainte occurrence, et expriment leur reconnaissance à son égard, nous ne pensons pas qu'ils se le représentent comme d'autres tribus tendent à le faire; ils considèrent plutôt les faucons comme des messagers et des intermédiaires entre eux et Bali Penyalong, messagers à qui une part du pouvoir, mal définie, est déléguée. Sans doute, une erreur vulgaire fait que chez eux, comme chez beaucoup d'autres croyants, on oublie jusqu'à un certain point l'Etre suprême pour adresser les prières et les actions de grâce presque exclusivement à ses ministres, qui, ayant une forme concrète, sont l'objet de représentations plus aisées. Les Kenyah regardent les présages favorables comme produits pour les encourager à agir, et les défavorables comme un conseil amical de s'abstenir. Un Kenyah très intelligent nous dit que, selon lui, les faucons, à force d'être envoyés par Bali Penyalong pour les avertir, avaient fini par le faire d'eux-
1. Hose and Mac Dougall. The pagan ti-ibes of Bornéo, H, p. 9-10. Cf. II, p. 75.