‹ La mentalité primitiveChapitre 90 sur 333 · bd., II. p · texte numérisé non relu

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mêmes, et que, parfois, ils donnent aux Kenyan le conseil d'agir ou de s'abstenir, de leur propre initiative, et sans avoir été envoyés par lui1. »

L'interprétation que MM. Hose et Mac Dougall proposent du fait qu'ils ont eux-mêmes observé est une hypothèse séduisante, et l'analogie qu'ils invoquent peut la faire paraître vraisemblable. Plus d'une fois, en effet, il est arrivé qu'une divinité a payé la peine de son éloignement, et qu'elle s'esttrouvée supplantée dans le culte par de simples intermédiaires, placésplus près des hommes, plus familiers, plus accessibles à leur imagination. Mais devons-nous conclure de cette remarque générale à une évolution semblable qui aurait eu lieu chez les indigènes de Bornéo ? Si les oiseaux-présages ont commencé à Bornéo par n'être simplement que des messagers et des intermédiaires, MM. Hose et Dougall expliquent bien comment ils ont pu devenir des puissances que l'on invoque et que l'on adore pour elles-mêmes. Mais la question est précisément de savoir si cette transformation a eu occasion de se produire, et si la fonction des oiseaux-présages a jamais été comprise à Bornéo autrement qu'elle ne l'est aujourd'hui. Aucun témoignage les a-t-il jamais présentés explicitement comme de simples messagers? MM. Hose et Mac Dougall ne le prétendent pas. Rien dans ce que rapporte M. Perham ne le donne à penser. Ni le Dr Nieuwenhuis, ni les autres observateurs les plus dignes de foi ne disent rien de tel. L'hypothèse paraît donc au moins aventureuse. Elle a été suggérée, à ce qu'il semble, par la tendance bien connue à retrouver dans la mentalité des sociétés inférieures les processus qu'on observe dans la nôtre.

Enfin, — ce qui témoigne encore contre l'hypothèse de MM. HoseetMac Dougall, — dans l'excellente grammaire

i. lbd., II, p. 57-58.

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