SCENE V
LA COMTESSE, LL'CILE, DE DRI- VES, GEORGES, PIERRE
La CoxMtesse, dans une grande émotion.
— Mon enfant.... mon cher enfant....
Georges, dans ses bras.
— Mère....
La Comtesse.
— Six mois! six mois, sans te voir...
quand on pense comme la vie est courte, que je pourrais mourir demain!... Oh! ces six mois, non, je ne les retrouverai jamais. (7/5 s'étreignent encore.)
LUCILE
— Il ne faudra plus se quitter maintenant, marraine.
Georges, se détachant de sa mère.
— Elle a raison. Nous rattraperons le temps perdu. {Gaiement.) Bonjour, Lucile.
LUCILE
— Embrasse-moi donc.
De Brives, pendant qu'ils s'embrassent.
— Et le président? Il n'y a rien pour lui?
Georges, lui serrant vigoureusement la main.
— De l'amitié qui ne finira plus, mon oncle.
Pierre, avec une envie de pleurer.
— Je suis content, moi ! Je ne peux pas vous dire à quel point je suis content.
— Certes, vous en avez le droit, mon brave Pierre! (.4 Georges.) Car il a fait, en nous réconciliant, un véritable tour de force. J'étais très méchante, tu sais, ou plutôt, j'essayais d'être méchante. J'avais défendu qu'on prononce ton nom, figure-
toi... et il me remplissait tout le cœur, ;^ gton nom. Quand je recevais une de tes lettres....
Georges.
— Tu en as reçu souvent, je t'écrivais chaque semaine.
La Comtesse.
— Oui... devant le monde, je les déchirais sans les ouvrir, mais pas en trop petits morceaux:
le monde parti, je les ramassais tous, et je me sauvais dans ma chambre.
C'est là que je m'en donnais de te lire et de te relire.
— Marie te connaît bien, va! Elle avait deviné ce que tu me racontes.
La Comtesse.
— Waiment! Où est-elle donc ta femme?
Je ne la vois pas.
Georges.
— Elle est kl. (// montre la chambre en riant.) Elle a eu peur de ton coup de sonnette. {Il appelle.) Marie!
Lucile.
— Attends. Je vais la chercher. [Elle entre à gauche.)
Pierre, toujours arec émotion^ montrant Lucile.
— Ce qu'elle ira droit en Paradis, celle-là!
De Brives.
— Tu continues à croire à Tamour de Lucile pour Georges... que tu es jeunet,
mon bonhomme!