‹ La menuiserieChapitre 13 sur 31 · LE MENUISIER EN MEUBLES. — LES MEUBLES A BATIS ET A PANNEAUX · texte numérisé non relu

LE MENUISIER EN MEUBLES. — LES MEUBLES A BATIS ET A PANNEAUX

Après avoir décrit aussi brièvement que possible les principaux ouvrages du menuisier en bâtiment, nous nous occuperons des travaux extrêmement variés exécutés par ceux de leurs confrères chargés de garnir notre habitation de tous les meubles qui nous sont plus ou moins nécessaires. Le meuble, du reste, par la conformité de la matière employée et par les analogies nombreuses que sa fabrication présente, se rattache essentiellement comme main-d'œuvre à la confection des boiseries d'appartement ; en sorte que les différentes opérations expliquées ou décrites dans les chapitres précédents nous permettront de comprendre, sans trop de difficulté, les applications diverses que nous allons passer en revue.

On divise les meubles en deux grandes classes : 1° les meubles à bâtis, qui comprennent les sièges, les lits, les écrans, les tables, etc. ; 2° les meubles à bâtis et àpanneaux, qui englobent les diverses espèces d'armoires, de buffets, de coffres, de cabinets, de commodes, de bibliothèques, de secrétaires, etc.

Cette seconde classe de meubles est celle qui, au point de vue de la structure générale, se rapproche le plus du lambris. Comme lui, elle peut, à la rigueur, se résumer dans la construction d'une série de cadres et dans leur panneautage, avec cette différence, toutefois, que le lambris ne présente que deux dimensions, la hauteur et la largeur, alors que la moindre armoire en compte une de plus, la

profondeur, qualité constitutive de tous les meubles de ce genre, et qui vient compliquer singulièrement leur fabrica-

1 i il! j i

Fig. 43.

tion. Elle oblige, en effet, l'artisan à édifier six surfaces au lieu d'une, et, en outre, à assembler ces diverses surfaces de façon que, réunies, elles forment une enveloppe solide, protégeant de six côtés différents la cavité qu'on se propose d'utiliser.

Le but modeste que nous poursuivons aussi bien que les limites imposées à notre travail, ne nous permettent pas d'analyser successivement la structure de tous les meubles à bâtis et à panneaux, extrêmement nombreux et variés, qui sont actuellement en usage. Ainsi que le remarque fort bien un écrivain du siècle dernier1, non seulement on possède une diversité considérable de chacun de ces meubles, mais leur nombre s'accroît presque chaque jour, soit à raison des besoins nouveaux qui se manifestent, soit par suite de l'inconstance de nos goûts ou des caprices de la mode, que les fabricants ont le plus grand intérêt à satisfaire.

Pour plus de clarté et de simplicité, et en nous appuyant sur ce principe admis par les hommes les plus compétents, que la construction de tous ces meubles « est toujours à peu près la même, du moins pour chaque espèce », nous prendrons sur nous de ramener leurs formes variées au type primordial d'où elles dérivent toutes plus ou moins directement, persuadé que le lecteur saura ensuite appliquer à chaque classe de ces ouvrages l'ensemble des règles que nous allons exposer, et se livrer à toutes les déductions que comporte chaque application particulière.

Ce meuble primordial et qui peut servir de type à tous les meubles à bâtis et à panneaux, c'est le coffre. Dans le résumé historique qui fait suite à cette monographie, nous indiquons le rôle considérable que le coffre a joué dans le mobilier de nos ancêtres. Ici nous nous bornerons à rappeler ses transformations successives. Nous constaterons que, placé sur un autre coffre de dimensions un peu plus vastes et changeant son mode de fermeture, — c'est-à-dire substituant un abattant ou deux portes à son couvercle primitif (voir fig. 43), — il forma, naturellement et presque sans effort, le meuble appelé tour à tour buffet, secrétaire, ar-

Page 1