‹ La menuiserieChapitre 6 sur 31 · DES LAMBRIS · texte numérisé non relu

DES LAMBRIS

D'une façon générale, on donne le nom de lambris aux danneaux de menuiserie servant de revêtement intérieur aux murailles de nos appartements. Jadis ce mot avait une signification sensiblement plus étendue. Ainsi que le remarque fort bien Viollet-le-Duc, au moyen âge on désignait sous ce nom toutes sortes de revêtements en planches, quelle que fût du reste la place par eux occupée. « Les charpentes du xme, du xive, du xve siècle, écrit-il, sont souvent, à l'intérieur, garnies de lambris en forme de berceau plein-cintre ou en tiers-point. » Dans les anciens Comptes il est, à maintes reprises, fait mention de boiseries de ce genre1. Bien mieux, jusqu'à la fin du siècle dernier, le lambrissage des salons comprit l'exécution de coupoles intérieures, de balustrades et de voussures. Les curieuses estampes dont Lucotte et Roubo ont enrichi Y Encyclopédie2 en fourniraient la preuve, s'il était nécessaire. C'est de là, au surplus, que nous est restée l'expression encore en usage « sous des lambris dorés ».

Ces décorations considérables, qui se compliquaient de piédestaux, de pilastres, de colonnes, de chapiteaux, d'entablements, etc. , nécessitaient pour leur exécution une science technique de premier ordre. Tout menuisier en bâtiment devait alors se doubler non seulement d'un dessinateur habile , mais aussi d'un mathématicien expérimenté , et

1. On peut citer notamment un payement emprunté aux Comptes des ducs de Bourgogne (année 1398) et qui est ainsi motivé : « Pour avoir lambroissié de neuf le comble de la chapelle. »

Page 1