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Voir Planches, tome VII, pi. III, noa 3 et

Y Art du menuisier de Roubo fils débute par un véritable traité de géométrie1. Les planches qui accompagnent ce précieux livre montrent, du reste, à quelles coupes savantes il fallait recourir pour éviter, dans ces travaux diffi ciles, des pertes de bois trop considérables. Elles attestent, en outre, l'ingéniosité qui présidait aux assemblages chargés d'assurer la solidité de l'ouvrage, et le talent déployé par le sculpteur pour parer dignement ces vastes surfaces de puissantes saillies ou de gracieux bas-reliefs.

Enfin, à cette époque, les chambres à coucher se compliquaient d'alcôves souvent magnifiques; les salles à manger étaient ornées de larges buffets adhérents à la muraille, et dont les lignes majestueuses se reliaient à la décoration de la pièce ; les salons de compagnie ou d'assemblée montraient des cheminées monumentales, architecturées de la façon la plus décorative. Tout ce grand luxe de menuiserie , autrefois général , est devenu, depuis un siècle , absolument exceptionnel, et, en dehors des fenêtres et des portes , les menuisiers en bâtiment ne s'occupent plus guère — nous l'avons dit plus haut — que de la confection et de la pose de lambris réduits à leur expression la plus simple.

1. « En général, écrit Roubo fils, les menuisiers sont obligés d'apprendre le dessein, chacun relativement à la partie qu'ils embrassent, pour la traiter avec quelque succès. Ceux des bâtimens sur-tout doivent non seulement apprendre le dessein propre à leur art, mais encore l'ornement et l'architecture, tant pour la décoration que pour la distribution, afin d'être plus à portée d'entrer dans les vues de celui qui préside à l'ordonnance totale du bâtiment; la connoissance des élémens de géométrie pratique leur est aussi absolument nécessaire pour les accoutumer à mettre de l'ordre et de l'arrangement dans leurs ouvrages et pour leur faciliter les moyens d'en accélérer la pratique par le secours d'une théorie fondée sur des principes invariables. » (Art du menuisier, lre partie, p. 3.) Roubo lui-même, encore ouvrier, avait été pris en affection par l'illustre Blondel, architecte du roi et professeur à l'Académie, qui, pendant cinq ans, lui donna gratuitement des leçons d'architecture et de géométrie

On distingue deux sortes de lambris : la première, que Ton appelle lambris de hauteur, habille la muraille et la recouvre depuis le parquet jusqu'à la corniche. L'autre, qui règne à partir du sol et enveloppe tout le pourtour de l'appartement, mais qui ne dépasse pas en élévation le tiers ou le quart de la muraille, porte le nom de lambris d'appui.

La confection, toujours fort coûteuse, des lambris de hauteur, se légitime par deux raisons de premier ordre : la sa lubrité et la magnificence. Préservant l'intérieur de l'habitation de toute humidité, ils assainissent les pièces, et, quand ils sont artistement traités, ils constituent une parure d'une richesse peu commune1. Les lambris de hauteur, toutefois, n'ont guère de raison d'être que dans le Nord. Sous les climats chauds, leur utilité est même contestable. Non seulement ils ne sont point nécessaires, puisque l'humidité ni le froid ne sont à redouter, mais ils présentent le grave inconvénient de devenir promptement des nids à vermine.

Les lambris de hauteur sont généralement divisés en

1. La plupart des lambris exécutes au moyen âge étaient non seulement sculptés avec art, mais relevés de couleurs éclatantes et de dorures. A l'époque de la Renaissance, on commença de les couvrir de fines peintures, et cette habitude se continua jusqu'au milieu du XVIIe siècle. Héroard raconte dans son Journal (tome Ier, p. 128, à la date du 28 avril 1605) que Louis XIII, alors âgé de cinq ans, s'amusait à contempler les lambris de Fontainebleau ornés de guirlandes et d'arabesques. Ceux du cabinet de Sully, à l'Arsenal, ceux du grand cabinet de l'hôtel Lambert , décoré par Lesueur, ceux de l'hôtel Lauzun, appartenant aujourd'hui à M. le baron Pichon, attestent la splendeur de ces décorations. Plus tard, à ces charmants ouvrages Boulle substitua d'admirables marqueteries. On sait qu'il travailla pendant un certain nombre d'années au cabinet du Dauphin à Versailles, que Félibien et Piganiol de la Force s'accordaient à considérer comme un véritable chef-d'œuvre. Ainsi les beaux lambris, grassement sculptés, peints en blanc des Carmes et rehaussés d'or que nous admirons à Versailles, à l'hôtel Soubise (palais des Archives), à l'hôtel de Roquelaure (ministère des travaux publics), etc., ne sont qu'une simplification magnifique des lambris du moyen âge et de la Renaissance, et même de ceux qui tarent exécutés durant la première moitié du xvne siècle.

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Fig. 14. — Lambris de hauteur du xviie siècle.

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