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Falaises de Beverlev.
Ile Northumberland. (Pa
terminé et la Découverte nous ayant rejoints, nous re- | primes notre route vers le nord".
Passant maintenant vers l'est, nous longeàmes, par une superbe matinée de soleil, les côtes occidentales du Groënland. A l’exception des icebergs, pas un débris de glace ne se montrait sur le miroir des eaux; on franchit le dé- . bouché du détroit de la Baleine, puis nous avançons rapij dement vers le nord, entre les îles Northumberland et Hakluyt, aux falaises escarpées, coupées à pie et parfois 1 surplombantes. Voici le détroit de Murchison et le glacier * du Palais de Cristal, De bàbord, on distingue clairement l’autre rive de la mer de Baffin, la Terre d'Ellesmere et les 1 montagnes du Prince-de- Galles, qui dressent leurs dômes | neigeux sur l’horizon du couchant.
‘ Quel magique spectacle nous offrait la côte presque in- | connue devant laquelle nous passions à toute vapeur et Lui déroulait sous nos yeux ses nombreux et vastes gla- | ciers étincelant au soleil! De leur berceau caché dans la “ région des nuages, ils descendaient majestueusement vers dla mer, où leurs masses opaques plongeaient en silence * dans les eaux bleu foncé.
“ La vie animale, les oiseaux, du moins, se montraient en abondance. Les sémillants petits mergues (Alca alle) fordiraient des groupes affairés, disparaissant prestement “sous les eaux à l'approche du navire; les lummes (Uria JBrunnichii), les dovekies ou guillemots à miroir blanc CU. grylle), le canard à tête grise (Somaleria specta- “hilis), effrayés de notre apparition, prenaient leur vol en
“ !. L'archipel de Cary se compose de huit iles et de petites roches “ou ilots; il est situé dans la baie de Baffin, lat. 76° 45". La plus Asrande de ces terres a quatre kilomètres de diamètre. Constituées de Muranit syénitique et porphyrique, recouvert de gneiss par endroits, “cles s'élèvent à cent vingt mètres environ au-dessus du niveau de
." mer et possèdent une végétation assez riche pour ces parages. Ce
sont des lieux de ponte très fréquentés par les eiders et les lummes, î
longues lignes et décrivaient des cercles autour de nous en poussant des cris discordants; le goéland bourgmestre (Larus glaucus) et la jolie kittiwake ou mouette à trois doigts (L. tridactylus) planaient au-dessus de nos têtes; de temps à autre la gracieuse mouette blanche (L. eburneus) s'éloignait à loisir en battant ses ailes neigeuses qui se détachaient sur l'azur pâle du ciel. Ca et là, sur de petits radeaux de glaces flottantes, des morses à carrure énorme s’allongeaient paresseusement au soleil. Au milieu de ces scènes que l'imagination seule ne saurait peindre, nos deux navires poursuivaient leur route vers l'entrée du détroit de Smith, chacun de ceux qu'il emportait de plus en plus enivré des promesses de l'avenir.
Le 28 juillet, au matin, l’Alerte et la Découverte jetaient l'ancre dans la baie de Hartstène, plus connue sous le nom de Port Foulke, où le docteur Hayes avait hiverné en 1800,