SUR LES MERS POLAIRES. XII
présence ües officiers; mais, dans les voyages sur la glace, par les froids terribles de mars, avril et mai, le jus de citron devient aussi solide que le plus dur cristal, et il eût été impossible, sans les faire éclater, de
“ placer les jarres et les bouteilles qui le renfermaient { * auprès du feu nécessaire pour le liquéfier. Le capitaine
LNares aurait été vraiment coupable d’en encombrer les “transports déjà si lourds qu’avaient à traîner les es- “couades. Il eut soin, on le voit dans son récit, d'en mu- “nir tous les dépôts, pour que, par une température moins “rigoureuse, on pût utiliser ce prophylactique dans le “trajet de retour. On dit qu’à l'avenir les expéditions po- “aires s'approvisionneront de jus de citron en tablettes, ‘ou mêlé d'avance aux préparations de pemmican ; nous ne demandons pas mieux; mais quant au passé, il n’y a ‘aucune espèce de blàme à adresser au capitaine, qui a “pris toutes les précautions qu'avaient pu lui suggérer ‘une étude approfondie du sujet et l’expérience de ses . devanciers. L'origine du fléau, c’est le manque de viande set de légumes frais; c’est surtout la longue nuit de l’hi- : ver, l'air vicié des navires, le froid intense, l'humidité. Bien d’autres navigateurs, il est vrai, ont été exposés à *ces influences, mais combien plus longtemps Sir George Nares et ses compagnons! Le soleil fut absent pendant ‘une période de cent quarante-deux jours, et les précé- “dentes expéditions ne l'avaient vu disparaître que pour trois mois; jamais celles-ci n’eurent à midi de ténèbres complètes, tandis que, pour l’Alerte, du 6 novembre au © février, l'obscurité, sauf pendant le clair de lune, fut constamment plus grande que durant la nuit la plus “sombre qu'eussent eu à traverser leurs précurseurs.
JERESEAUR