‹ La mer glacée du pôle [microforme]Chapitre 6 sur 105 · XIV QUELQUES CONSIDERATIONS · texte numérisé non relu

XIV QUELQUES CONSIDERATIONS

Le récent voyage au Pôle nord vient d'ajouter quatre cents milles (740 kilomètres) de lignes de côtes à notre connaissance du globe, et ceci, qu’on nous permette d’insister là-dessus, n’est pas une conquête stérile : la géographie est la base de toutes les autres sciences physiques ; elle leur fournit un élément essentiel, la localité. La délinéation correcte d’une région nouvelle est indispensable, non seulement à la topographie de cette région, mais encore et surtout à la météorologie, à la géologie, à la biologie. Néanmoins, les renseignements fournis au sujet des terres que nos savants explorateurs ont pu étudier ne sont rien auprès de la découverte aussi importante qu'inattendue, non de la « Mer libre du pôle », mais d’un vaste océan encombré de glaces.

À la sortie du détroit de Robeson, les rivages s’orientent vers l’ouest d’un côté, vers le nord-est de l’autre, formant les bornes méridionales d’une étendue immense,

dont toute la superficie connue jusqu’à présent consiste |

en floes énormes dont lépaisseur varie entre quatrevingts et cent pieds. [ls s’exhaussent continuellement par l’addition des neigées de tous les hivers aux couches supérieures ; le poids surincombant s’accroit de plus en plus et peu à peu change les névés en glaces. L’inspection de quatre cents milles de côtes; le voyage du commandant Markham au large de la rive, bien loin sur la mer polaire; l'étude minutieuse de coupes pratiquées sur les flocbergs échoués près des quartiers d’hiver de l’Alerte, nous donnent une connaissance approfondie de ces champs; ils en montrent le grand âge et le mode de formation, qui nous rappelle la croissance du glacier : les icebergs, fils de celui-ci, ont pour simi-

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