‹ La mer glacée du pôle [microforme]Chapitre 62 sur 105 · BYRON · texte numérisé non relu

BYRON

Le 29 février était Le jour où, d'après Les règles de l'astronomie, le soleil allait égaver nes veux eEnos cœurs. La veille, on avait donné congé à tout Féquipage, espé rant que des hauteurs voisines on Fapercevrait vingt quatre heures plus tôt; notre attente fut vaine; lorbe glorieux ne parut point et pour cause : son limbe supérieur ne dépassait pas encore horizons mais notre escalade fut payée par La vue du ciel du nord splendidement illuminé de toutes les couleurs du prisme, La colline du Cairn et fa chaine qui S'étend au sud du cap awson furent nos principaux observaloires, La première, Située à moins de deux kilomètres et par Le travers du navire, s'élève de cent trente mètres au-dessus du niveau de mer; elle tire son nom dun Signal par nous construit cl surmonté dun malt au sommet duquel en à hisseooun vieux baril à huile: ce petit édifice forme ainsi un por

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Retour du soleil.

LE RETOUR DU SOLEIL. [ol le repère facilement reconnaissable par les promeneurs ncertains sur leur route.

Le 29, à dix heures du matin, le navire était à peu rés désert, Ses locataires piquetaient de taches noires a surface du floe et les éminences neigeuses qui les séaraient des hauteurs où nous comptions souhaiter la ienvenue au jeune soleil. Au départ, il est vrai, d'auuns avaient prédit un nouveau désappointement : ils isaient que vers Le sud ce m'est pas la ligne de la mer qui forme lhorizon, mais une terre à Paltitude de laquelle le disque pourrait bien ne pas monter, Néanmoins, in peu avant midi, l'espoir reprend le dessus : une flèche l'or traverse verticalement Pespace au-dessis du gisenent de lastre; les sommets voisins étincellent, de vives ueurs se répandent autour de nous.

« De la source de la lumière, les ravons jullissent, héauts du soleil qui s'approche, sentinelles de sa route uture; ils embrasent de leurs torches le pâle azur des ‘ICUX, »

L'exeitation augmente de seconde en seconde, pour omber à plat lorsque les montres annoncent que midi st passé; et, celte fois encore, nous retournons assez enauds à la Plage des Floebergs.

Le jour suivant fuf brumeux; mais le surle + main, ‘un de nous, grimp:at sur le mât, à la satisfaction d’anoncer que le tiers à peu près de Pastre émerge de Phoion du sud, le long duquel il glisse avec une majesueuse lenteur. En un elin d'ail le gréement se couvre “hommes qui montent à Passaut des enfléchures, agiles

‘onme des éléphants, sous leurs habits épais qui les ont ressembler à des balles de toison. Le soleil, nacaat foncé, est singulièrement défiguré par la réfraction présente la forme d’un cdne tronqué.

A midi, la cime de Cairn Hill (colline du Cairn) four-

millait de visiteurs empressés, et les fatigues de la course furent bien vite oubliées devant Le spectacle qui vint réjouir nos yeux. Les hauteurs lointaines, il est vrai, nous empéchaient de voir autre chose de Pastre qu'un limbe assez étroit, mais nous savions que c'était vraiment le soleil; le peu que nous en distinguions étincelait splendidements; Pimagination aidant, nous le trouvions même € chaud!»

€ Les flambeaux de la nuit sont éteintss; Le jour joyeux se dresse sur Le bout du pied, à la cime des montagnes brumeuses, »

disions-nous comme Roméo, en contemplant les superbes couleurs répandues sur le firmament septentrionul. Les teintes rosées fondues çà et TV avec le violet semblaient appartenir plutôt aux climats du Midi qu'aux régions inclémentes de Pextrème Nord. Les € eimes des montagnes brumeuses » S'estompaient sous ce glorieux ravonnements au loin sur la mer, les glaces étincelaient, Nous restimes longtemps en extase, nous baignant dans cette lumières mais une insupportable onglée vint nous rappeler que la température était a #7 degrés au-dessous de zéro, Quelque enthousiasme que put nous causer le retour du soleil, Jack Frost (le bonhomme Hiver) portait encore le sceptre et nous gourmandait sans meret, punis santde peines sévères ceux quicontreveniientises ordres

Les Guëbres qu'envahit Pindifflerence religieuse devraient passer un hiver dans la zone aretique, Le plus près possible du pôle. Mais aneun des disciples de Zoroastre m'aurait pu se montrer plus joyeux de la réappirition du messager d'Ahoura-Mazda, que nous autres profanes, quand Les ravons du soleil tombérent sur nos têtes, On a vu que le dieu du Feu, pendant Fa longue el cruelle saison polaire, avait aussi eu sa part dhonmages et d'adorations,

Chose étrange, les grands froids nous arrivèrent en méine temps que la lumière, A la fin de février, le thermomètre descendit peu à peu pour atteindre, le # mars,

- 61° 1/3. Cette température, la plus extrème que nous ayons constatée, fut calculée sur li moyenne de plusieurs instruments. Elle est, si je ne me trompe, la plus basse que des observations authentiques et correctes atent enregistrée dans quelque partie du globe que ce soit, Du 3 midi au # à la même heure, nous eûmes en moyenne

- D8°, et de # heures du matin, le 3, à la même heure le 4, — 59, De 6 heures du soir, le 2 mars, à 6 heures du matin le 4, c'est-à-dire pendant trente-six heures conséeutives, la température moyenne mesura — 58° 1/2, et toute la semaine finissant en mars, elle fut de — 51° 1/3 centigrades.

Je me divertissais à constater l'intérêt avec lequel chacun s'informait des mouvements du thermomètre, Lorsqu'on annonça « la plus basse température connue », un cri d'enthousiasme pareourut le navire, Nous profitimes de ces grands froids pour en étudier Peffet sur diverses substances : la glveérine, par exemple, supporte parfaitement — 47 ou 43 degrés ; à — 59 degrés, elle est solide et tout à fait transparente, L'alcool rectifié prend l'apparence de Fhuile € comagène », Le rhum, concentré à 40 degrés, géle lorsqu'on le verse sur une soucoupe ou une assiette plate; dans des vases plus profonds il a la consistance du miel ou de la mélasse, Le whiskey ressemble à du sucre candi; nous en avons cassé en morceaux pour le eroquer : aussi, à notre retour d'Angleterre, d'aucuns nous ont-ils accusés de ©hoire see » Ta-bas, et cela sans que nous les ayons pu contredire, Le chloroforme seul ne subit aucune altération visible, Pour toutes ces évaluations, on se servait d'une dizaine de thermomètres; le résultat donné par chacun était ensuite sou

mis aux corrections préparées à Kew lors de la vérificaon qu'on fit de nos instruments, avant notre départ d'Angleterre, Les erreurs, inutile de le dire, ne purent étre qu'approximativement établies une fois que fut dépassé le point de congélation du mercure; la plus légère impureté de lPalcool, une particule de substance étrangère, si minime soit-elle, affecte gravement lexactitude d'une observotion, J'ai vu, au même moment, un thermométre à esprit-de-vin indiquer — 63,5, et un autre - o{° seulement; toutefois, en appliquant les calculs fournis par le bureau de Kew, les résultats étaient à peu prés identiques, et la température minimum rapportée ci-dessus doit être regardée, sinon comme absolument correcte, du moins comme approchant autant que possible de Fa vérité,

La « poussée de froid » du commencement de mars ne se renouvela plus aussi terrible, mais Pair était extremement vif et le mercure resta gelé à peu près tout le mois. La présence du soleil paraissait à peine réchauffer l'atmosphère, Pourtant les thermomètres exposés à ses ravons montaient parfois à — 18 où même à 15 degrés.

Entre La base et le sommet du Cairn Hill (hauteur verticale, cent trente mètres), Fécart de Fa température était de trois degrés; elle s'élevait à mesure qu'on gravissait la colline pour retomber quand on la descendait.

Déjà nous avions reconnu sur la neige des traces de ptarmigan (Lagopus rupestris), En dépit de Fa surveillance des chasseurs, ce fut seulement le 22 que deux promencars firent lever un Hagopède, mais, comme de juste, ils se trouvaient sans fusil au moment du hesoin, La rencontre de cet oiseau fut une grande joie: nous le regardions comme le précurseur du printemps, le gage du départ définitif de Phiver, Malheureusement

pour nos tables, les perdrix des neiges furent toujours rares dans le voisinage de PAlerte,

Le 15 mars, il v eut une éclipse partielle de soleil visible pour tous ceux qui, malgré un froid atroce, se donnèrent Ex peine de monter sur le pont et de lexaminer avec des verres colorés où passés à la fumée, Elle commença à 4 heures 6 minutes de Paprès-midi pour finir à 6 heures, et couvrit les soixante-cinq centièmes, cest-à-dire un peu plus de la moitié de Fastre,

Vers le milieu du mois, on enleva la toiture de larrière et nous pümes jouir de la clarté du jour sur une partie du pont; la température rigoureuse nous empèchait encore de débarrasser les écoutilles et les œils-debœuf de leur blindage de frimas. Pourtant on nettoya le sommet des lanternes des cabines, et nous eùumes en bas une faible lumière qui permit d'éteindre les bougies, au moins pendant quelques heures. À Ta mi-mai seulement, lors de lPabsence des expéditions à traineaux, les écoutilles condamnées furent rouvertes et les neiges reirées du pont qu'elles avaient protégé pendant plus de sept mois,

Un incendie serait l'événement + plus désastreux qui püt arriver dans le cours d'un hivernage, et les plus grandes précautions sont toujours prises en vue de prévenir une semblable catastrophe. Maison, meubles, vêtements, vivres, tout disparait à la lois, et si l'on réussit à échapper à lembrasement du navire, c'est pour affronter une destinée encore plus affreuse... être jetés sur la glace, privés d'abri et de provisions, exposés sans défense à une température impitoyable; en un mot, le tableau lorrible peint de main de maitre par Jules Verne, Fheure où le capitaine Hatteras et ses fidèles retrouvent leur bâtiment détruit et abandonné par Féquipager Nous eumes, pour notre part, une alerte qui, toutes graves

qu'en auraient pu être les suites, fut heureusement sans grande importance. L'homme de service à la buanderie avait eu la négligence de laisser à proximité du poële des nippes qui ne tardèrent pas à S'enflamimer : le feu se communiqua aux objets environnants, et pendait quelques minutes on erut que la conflagration allait s'étendre au reste du navire, L'équipage ronflait; mais au branle-bas d'incendie, tout le monde se précipite des cadres; nous nous mettons à l'œuvre avec tant d'énergie que le feu s'éteint sans causer d'autre avarie que Ja destruction d’une certaine quantité de linge; mais de Tongtemps nous ne pümes nous débarrasser de la fumée qui avait envahi tous les recoins du navire, A cette époque, la température moyenne étant de — 50 degrés, la tâche déjà difficile de fournir les pompes de l'eau puisée dans le trou à feu serait devenue très dangereuse par les froidures qu'elle aurait entrainées,.

Les officiers passèrent les derniers jours de mars à démonter les divers instruments placés dans les observatoires et à emballer avec soin ceux qui ne devaient pas servir pendant la belle saison. TE fallait d'autant plus se hâter, qu'avant le retour des expéditions à traineaux, la neige qui formait ces huttes et toutes leurs appartenances, tables, piédestaux, ete., allait fondre et s'évaporer aux premières chaleurs de Pété. Au bout de quelques jours, Fétablissement astronomique était déménagé et abandonné au dégel. Woolwich à son tour nous livra la poudre qui fut rapportée à bord et réintégrée dans la sainte-barbe,

En outre de la besogne générale, chaque escouade faisait plusieurs heures d'entrainement quotidien sous la surveillance de ses officiers respectifs; ce travail remplaçait l'exercice régulier Ge Phiver, Tantôt nos gens étaient employés à établir sur la route du sud de petits

dépôts pour Pusage des compagnies qui pourraient nous arriver de la Découverte, tantôt ils tiraient les traineaux chargés sur le pack du voisinage, afin d'apprendre à franchir les terribles amas de hummocks avec lesquels nous allions bientôt entrer en relations intimes. Ces courts voyages suflirent pour nous donner un aperçu des difficultés sans fin que nous aurions à combattre, des obstacles qu’il nous faudrait surmonter, « Ce sera raide », disait-on, et cependant personne ne doutait d'accomplir la mission à nous confiée par le pays.

Après avoir bien des fois erié : Au loup! nous en vimes enfin la queue, et précisément le 1% avril, De bon matin, le quartier-maitre de garde avait aperçu un animal d'assez grande taille rodant silencieusement autour du navire, Le prenant pour un ours, il se hâta de donner l'alarme ; un ou deux de nos chasseurs sautèrent de leurs cadres pour saisir leurs fusils. Les autres, se rappelant le quantième, restèrent sous leurs chaudes couvertures, dans la crainte qu'une pluie de quolibets ne les attencit sur le pont.

Les traces laissées sur la neige proclamaient sans conteste que notre visiteur était un loup polaire; malheureusement, le remue-ménage fait à bord éveilla ses faveurs et il détala sans retard. Dans le courant de l'après-midi, avee ma fidèle Nellie, je revenais au navire après une longue pointe vers le sud pendant hquelle j'avais suivi quelque temps les empreintes du carnassier; à quatre ou cinq kilomètres de l'Alerte, le marrête pour regarder le paysage : en arrière à moins de cent mètres, réglant son allure sur la mienne, j'aperçois une bête à mine affamée, un loup long, efflanqué, dont les os percent là peau, de couleur hunâtre et plus grand que notre plus grand chien esqui- Hu, Comme presque toujours en semblable occurrence,

je n'avais d'arme d'aucune sorte : impossible d'ajouter ce trophée à nos collections d'histoire naturelle, Je ne sais qui de Nellie ou de son maitre était l’objet des attentions de l'animal, mais il emboitait le pas derrière nous, parfois à une dizaine de mètres de distance, s’arrêtant quand je m'arrêtais, reprenant sa route lorsque je reprenais la mienne, jusqu'à huit ou neuf cents mètres du navire. Là, quelques officiers s’avançant à ma rencontre, il s'élança vers les hauteurs et disparut presque aussitôt. Pendant le trajet, ma pauvre vieille Nellie m'avait causé de vives inquiétudes; elle manifestait un ardent désir de faire plus ample connaissance avec le camarade et j'avais toutes les peines du monde à la retenir près de mot, Dès qu'elle quittait mes talons, le loup précipitait sa marche et je ne doute pas qu'il ne lui eut fait mauvais parti, Le même soir, on reconnut les traces de quatre bœufs musqués:; nos chasseurs les relevèrent en vain pendant plusieurs kilomètres. Notre visiteur, évidemment, courait après le même gibier.

« Portez dans ma tente de l'encre et du papier; je vais tracer la forme et Le plan de la bataille, prescrire à chaque commandant quel sera son devoir, et répartir notre petite armee en juste proportion, »

SHARSPEARE, lüchard IT.

Durant les heures longues et sombres du jour d'hiver, nous avions soigneusement et profondément médité sur l’organisation des campagnes à traineaux qui devalent être la grande tâche du printemps de 1876. Nous avions lu avec diligence tous les écrits de nos prédécesseurs sur ce sujet. Aussi ne négligeàmes-nous rien de ce qui pouvait contribuer au succès des futures entreprises, à la santé, au confort des hommes que nous allions mettre à si dure besogne, Nos véhicules, nos tentes, notre équipement avaient été préparés en Angleterre sous ia surveillance personnelle de sir Léopold Mac Clintock, la première autorité du monde pour ce qui concerne les voyages polaires avec fraineaux. Nous fimes à notre attirail quelques légères modificalions que nous avait suggérées Pexpérience de nos courses d'automne.

Des quatre espèces de transports dont notre expédi-

lion étut pourvue, celle qui gagna nos préférences fut

le traine à huit, au moven duquel nous fimes plus d'ouvrage qu'avec les autres sil glisse plus facilement, il est plus solide que ses rivaux, méme que les plus grands. Tant que la neige est dure sur une glace plane, on peut le charger de deux cent quarante livres par honme d'attelage, ebee, pendant une bonne journée de marche. Ces deux cent quarante livres, chaque Collier » ue les traine qu'en quittant le navire où un dépôt quelconque, car es provisions consommées sont moyennement de trois livres ? en vingt-quatre heures. Trois livres de moins par homme et par jour; mais ce qui ne diminue pas, c'est ce que nous appelons, en style de traineau, le poids constant : le traineau lui-même, la tente, les feutres, Fattirail de cuisine, Les pioches, les

1. Le traineau à huit, a six montants placés à dix huit pouces d'intervalle ; il mesure onze pieds anglais de long, trois pieds deux pouces de large, onze pouces de haut, et, complet, pèse cent trente livres, Dans de précédentes expéditions, sur les glaces unies, on s'étaitservide voiles avec grand'avantage, mais pour nos campagnes sur les côtes où sur le pack, nous avons eu rarement la bonne fortune de trouver un terrain où Pon pütles ubliser, May et Egerton en ont retiré quelques services sur un grand floe du détroit de Robeson, pour la traversée de x Terre de Grinnell au Groënland,

Pour établir une voile sur ces traineaux, où amarre ensemble deux montants de tente qui forment ainsi 11 vergue supérieure; le moutant de rechange sert de vergue inférieure; les deux autres font office de bigue et à leur extrémité est fixé un rocambeau composé de deux anneaux de fer réunis par une pièce du mème métal avant environ trois pouces de long. De chaque côté de celle-ci se trouvent deux crocs pour les haubans et une petite poulie pour les drisses, Une traverse de rechange est ensuite amarrée sur les bigues : elle est munie d'une brague fixée à son extrémité supérieure ; les bouts en sont terminés par des dés en fer, On capelle ces dés sur les extrémités des bigues et l'on peut ensuite hisser la voile, Avec vent arrière où vent grand largue, cette voile donnerait une bonne vitesse au traineau sur des glaces unies, par malheur pour nous presque inconnues dans la région que nous avions à explorer.

2. La livre anglaise vaut O.1934, à peu près l'ancienne livre francaise.

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L'ATTIRAIL D'UNE EXPÉDITION A FRAINEAUX. 2o1

pelles, ete, Cette question est de la plus extrême imporlance, aussi pesons-nous jusqu'aux petits paquets de douzaines d'épiagles placés dans la boite à médicaments, : Voici, au surplus, le relevé complet des poids con- Sins elautres dun transport équipé pour une absence de quarante-cinq jours :

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