‹ La mer libre du Pôle (volume 2)Chapitre 116 sur 253 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

sant mon esprit du sentiment de la mort universelle, proclamant la fin de toutes choses et annonçant l'éternel avenir. Je ne puis plus l’endurer : m’élançant du rocher où je m'étais assis, je fais lourdement crier la neige sous mes pieds pour écarter l'horrible vision; et le plus léger bruit courant dans la nuit, chasse le terrible fantôme.

Il n'est rien de plus effrayant dans la nature que le silence de la nuit polaire.

1. En regard de ces impressions, il est peut-être bon’ de placer celles que le Dt Kane puisa dans des scènes identiques. (Trad.)

« …. Le firmament arctique a des beautés indescriptibles. Il semble si rapproché de nos têtes ! les étoiles y déploient une ampleur de rayonnement, et les planètes mêmes un scintillement à déjouer tous les calculs de l'astronomie. Je voudrais, mais je ne puis décrire quelques-unes de ces scènes de nuit; — alors que foulant le pont du navire, ou la glace d’alentour, il me semblait que la vie de la terre était suspendue, avec ses mouvements, ses bruits, ses couleu:s, toutes ses harmonies enfin; alors que plongé, des yeux et du cœur, dans l'abime étoilé où les astres decrivent des cercles radieux autour d’un centre inconnu de lumière, — je venais à m’écrier humble et respectueux : « Seigneur! quelle est la créature digne de te préoccuper ?.. Et que de fois aussi, ramené des profondeurs de l’espace sans bornes, sur notre pauvre terre , sur le sol natal, laissé derrière nous, avec ses constellations d'un autre hémisphère, j'ai laissé courir mes pensées vers les cœurs qui battaient là-bas à notre nom, jusqu’à ce que je me perdisse dans le souvenir de ceux qui ne sont plus; — et ceux-là m'entraînaient de nouveau dans l'infini des cieux. » (D' El. Kane, Arct. Expl, vol. I, p. 425-426.)

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