CHAPITRE XVIII
Absence prolongée de M. Sonntag. — Je me prépare à aller à sa recherche, — Arrivée des Esquimaux. — Triste nouvelle. — Hans et sa famille; — son récit.
Sonntag et Hans nous avaient quittés depuis un grand mois, et plusieurs jours de la lune de janvier s'étant écoulés sans nous les ramener, je commençai à être fort sérieusement inquiet. Ou ils avaient éprouvé quelque accident, ou ils se trouvaient retenus chez les Esquimaux par une cause impossible à déterminer. J'envoyai d’abord M. Dodge au cap Alexandre, pour constater, d'après leurs traces, s’ils avaient passé autour ou au-dessus du promontoire ; il put suivre les marques du traîneau pendant neuf kilomètres seulement ; depuis le mois de décembre, les glaces s'étaient brisées et avaient dérivé vers la mer. Il ne vit point de vestiges dans les passes du glacier, il nous fut démontré qu'ils avaient contourné le promontoire. Je me préparai à les y suivre avec une troupe de nos gens; si nous découvrions quelque empreinte sur la glace ferme au dela du cap, je verrais ce qu’il me resterait a faire; si nous ne trouvions rien, il n’y aurait plus à douter que malheur ne fût arrivé à nos compagnons, et je pousserais