‹ La mer libre du poleChapitre 16 sur 34 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

En 1848, Kellett et Moore se dirigèrent par le détroit de Behring, sir J. C, Ross et Bird, par les détroits de Lancastre et de Barrow, vers l'endroit oti Ton supposait pouvoir apprendre des nouvelles de Franklin. L'expédition de Ross eut peu de résultats. L'autre découvrit en 1849 les îles Kellett et fut empêchée par la tempête d'atteindre des terres situées plus au nord, mais dont on voyait le rivage et les pics élevés. L'année suivante, la glace, descendue vers le sud, mit obstacle à la reprise des investigations de Tannée précédente.

Penny et Steward, partis en i85o avec Austin et Ounnaney, hivernèrent sur l'île Beechey, à l'entrée du canal Wellington, et de là lancèrent dans tous les sens sur la glace des expéditions divergentes. Tandis que l'une d'elles, dépassant l'île Melville, arrivait à la terre du Prince Patrick, deux autres, commandées par Penny et Steward , exploraient en allant au nord le canal Wellington. Tout à coup Steward fut arrêté par des eaux libres qui emplissaient le canal de la Reine, au nord de l'île Baillie-Hamilton ; et Penny, qui contournait la même île, fut également arrêté. Revenu en hâte à bord de son bâtiment, il réussit à faire traîner sur la glace un canot avec lequel il explora les deux rives du canal de la Reine. En somme, les glaces qui retenaient les navires dans le canal Wellington furent pour lui les seuls obstacles à ce qu'il naviguât sur ces eaux libres.

INTRODUCTION XXIH

Mac Clure et CoUinson, officiers pleins d'énergie et de persévérance, passent en i85o par le détroit de Behring. Le premier atteint d'abord les îles Kellett; mais partout arrêté par les glaces, oti ne pouvaient pénétrer que les l^ers kayaks des Esquimaux, qui restent* permanentes à vingt ou vingt-cinq kilomètres du conti* nent où elles s'appuient à la Terre de Banks (iles Baring et du Prince Patrick), il a navigué vers le nord-est. Après avoir inutilement essayé de pénétrer dans les eaux du bassin Melville, il tente, en 1 85 1 , de descendre au nord en passant à Touest delà Terre de Banks. Porté vers le sud, il reste enfermé dans les glaces du bassin Melville, Tété de 1 852 et l'hiver de 1 85 3. Enfin, après avoir marchécinq cent cinquante kilomètres sur la glace, jus^ qu'au canal Wellington, il rencontre, le 8 août, un parti de Texpédition Belcher. Mac Clure affirme que tout navire entré dans les glaces polaires doit inévitablement y périr enfermé. Pendant ce temps, CoUinson, en longeant le continent, arrivait jusqu'au détroit Simpson, bien près de l'endroit où Franklin avait péri peu auparavant ; puis il revenait par la mer de Behring en 1854.

Ces voyages avaient donc alors fait connaître deux passages; mais, comme nous l'avons annoncé, deux passages impraticables, à cause de l'abondance et de la mobilité des montagnes de glace qui les remplissaient.

Belcher, à la tête d*une expédition considérable,

XXIV IICTRODUCTION

ayant pour lieutenant Kellett, fut envoyé en 1 852 dans le canal Wellington. Il le trouva libre, le descendit jusqu'à 76* 52^ ne cessant pas de voir la mer libre, à perte de vue, dans la direction du nord-ouest. Kdlett s'était difigé vers l'île Melville. Ce sont ses officiers qui, après avoir découvert, sous le cairn de Winter Harbour, une dépêche de Mac Qure, ont rencontré ce capitaine et son lieutenant sur la glace, le 8 avril i853. Cependant, dès le 20 mai, Belcher voyait les glaces disparaître de ce canal, auquel on donne son nom et qui paraît être un détroit sillonnant un archipel encore mal connu. Il fut obligé d'abandonner plusieurs navires dans les glaces, qui recouvraient le -canal Wellington où lui et Parry avaient dqà navigué.

Le capitaine Inglefield, qui communiqua avec lui en i852, avait trouvé libre le canal de Smith; mais. Tannée suivante, Kane et, sept ans plus tard, Hayes, y étaient invinciblement enfermés dans la glace, à vingt-cinq kilomètres de là.

C'est dans cette expédition de Kane qu'au mois ae juin 1854, Morton découvrit la mer libre à environ 810 de latitude septentrionale. Avec la meilleure kn du monde, Kane explique tous les indices d'histoire naturelle qui déposent en faveur d'un adoucissement de la température dans ces climats, en faisant observer combien petit serait le nombre de degrés dont la moyenne de Tété devrait s'élever pour y amener le

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